Les cahiers de Serge Bonnery

Dans le voisinage de...

Derniers textes publiés :

  • Je me souviens... (Rimbaud), dans Dans le voisinage de..., le 17 décembre 2016 je me souviens, dans les rases campagnes, des ouvriers tendus. le sel aux lèvres des mendiants. les jeunes sans argent et le soleil descendu sous le fleuve. le lent cortège des aveugles, aveuglément. je me souviens, dans la campagne désolée, ta main sur mon épaule, nos pas perdus dans les corridors sombres et nous deux tâtonnant je me souviens, dans la campagne rafraîchie au (...)
  • Rue Fontaine (...André Breton), dans Dans le voisinage de..., le 22 novembre 2016 La forme se dilue dans la neutralité du jour. Un pot de terre, déposé loin du sol et comme abandonné, frise l'insolence. J'ai remis à plus tard de jeter par la fenêtre une gerbe oubliée dans l'allée centrale du livre ouvert sur ma table. Gerbe de mots fanés, qu'un passant n'aurait pas dérobée s'il avait eu à penser sa juste place. Chacun, à midi, s'interdit de reformuler la question (...)
  • Les pieds sur terre (...Paul Eluard), dans Dans le voisinage de..., le 17 janvier 2015 « Creuse la terre sous ton ombre » (Etre in Les yeux fertiles) Creuse ton ombre sous la terre l’ombre de ton double visage en creux dans l’ombre ton double en crue terre dans l’ombre de ton double en crue que cesse le vacarme l’agitation le trouble sous ton ombre la terre une crue de silence ton double seul te dévisage « Belle sans la terre ferme / Sans parquet sans (...)
  • Fenêtres (...René Char), dans Dans le voisinage de..., le 7 décembre 2014 Peut-être le temps dira si chacun se rassemble si au poème va l'oreille attentive du lecteur au bonheur s'il peut s'écrire pour un soleil ou une corde à visiter Dans la maison d'en haut je me cachais en silence n'éprouvant pas de sentiment (la certitude seule d'être là à attendre que passe avec la saison l'arme pointée sur mes amis d'en bas) Peut-être un jour le temps saura si (...)
  • A midi rue Fontaine (...André Breton), dans Dans le voisinage de..., le 18 avril 2014 André Breton rue Fontaine en 1955 (collection particulière) Toute forme se dilue dans la neutralité. Un pot de terre, déposé loin du sol et comme abandonné, frise l'insolence. J'ai remis à plus tard de jeter par la fenêtre une gerbe oubliée dans l'allée centrale du livre. Gerbe de mots fanés, qu'un passant n'aurait pas dérobée s'il avait eu à penser sa juste place. Chacun, à (...)
  • En bordure du monde (...Isabelle Pariente-Butterlin), dans Dans le voisinage de..., le 3 février 2014 Le dialogue avec Isabelle Pariente-Butterlin et ses BordsDesMondes a débuté à l'automne 2013 par un échange sur la question de l'écriture numérique, puis il s'est étendu à d'autres formes d'interrogation sur l'écriture. Ni ordonné dans le temps, ni précipité, ni prémédité non plus, ce dialogue se poursuit au fil des lectures. Fallait-il qu'il se prolongeât un jour jusque dans la (...)
  • Fenosa, mains ouvertes, dans Dans le voisinage de..., le 2 février 2014 En 2010, le Centre Joë Bousquet de Carcassonne accueillait une exposition du sculpteur catalan Apel.les Fenosa, en partenariat avec la fundacio Fenosa d'El Vendrell. Ce poème avait été écrit pendant la mise en place de l'exposition. En illustration : le monument aux martyrs d'Oradour-sur-Glane. La sculpture qui fut commandée à Fenosa représente une femme enceinte dévorée par les (...)
  • Revers du réel (...Pierre Soulages), dans Dans le voisinage de..., le 2 février 2014 [Ce poème a été écrit en 2001 après une visite à l'exposition rétrospective de Pierre Soulages qui avait été présentée au musée des Abattoirs de Toulouse lors de son ouverture. Cette exposition - la manière dont les volumes du bâtiment avaient été mis à profit pour montrer les grands formats de l'artiste, m'avait fortement impressionné. Dans l'auditorium du musée, parallèlement à (...)
  • Hallucination éparse du nombre (...Stéphane Mallarmé), dans Dans le voisinage de..., le 28 janvier 2014 Le nombre existât-il / Autrement qu’hallucination éparse d’agonie - Stéphane Mallarmé Hallucination éparse du nombre - livre d'artiste avec Sylvère aux éditions de Rivières Pour Jean-Paul Martin I - De même De même le silence En (nombre) songe Se libère de l’indice Précipité autour de quelque tourbillon hurlé Sans fuir le mystère Mais renvoyé avec ironie Le vierge en jachère à ses (...)
  • Nuit nue maintenant (...Bernard Noël), dans Dans le voisinage de..., le 28 janvier 2014 Nuit nue maintenant Ne sais plus où tu vas Un trait de lumière encore Incendié de soleil en moins Tu marches à contre-jour Ne dis rien Une rumeur dans le ciel Et c’est l’attente de l’aube déjà Mourir n’a pas de sens Alors que vivre dans l’ Ivresse Nous tient Te voilà Entre les plis du jour et le dos de la Nuit Attentive Ne pense rien Tout est si peu et nous suffit (...)

|