Les cahiers de Serge Bonnery

Coin de terre

Derniers textes publiés :

  • Les sauterelles, dans Coin de terre, le 22 novembre 2016 Il fait grand vent ce soir et j'ai perdu toute notion de temps sur le bord du chemin où quelques pierres attendent j'avance d'un pas languissant d'un coup d'aile un beau géant des airs s'abat dans les blés ondulants le ciel a disparu sous la blancheur de la lumière C'est ici qu'autrefois nous arrêtions la marche et respirions un peu au loin se détachait le clocher (...)
  • Saveur du soir, dans Coin de terre, le 22 novembre 2016 Le ciel se donne au crépuscule. Le jour descend vers sa promesse. Tu es assis sous la tonnelle. L'eau coule à la fontaine dans la saveur du soir. A l'heure où les enfants se couchent, les pèlerins rentrent bredouilles de leur périple au bord de la rivière. Ils n'ont pas retrouvé ton visage perdu jadis entre les rives. On entend piaffer d'impatience les hirondelles. Tes yeux (...)
  • Ligne verte, dans Coin de terre, le 22 novembre 2016 Je regarde le temps par le trou d'une serrure, aussi discrètement que possible et sans bruit afin de n'en pas heurter le cours. Je n'en saisis pas la distance. Accoudé au parapet d'un pont suspendu, mon regard glisse dans les scintillements de l'eau courante. Une ligne verte, comme un signet, sépare le fleuve de ses entrailles. J'étais parti de la maison le matin même sans (...)
  • Sur un coin de table, dans Coin de terre, le 14 avril 2016 Un coin de feu une nappe posés sur la table un plateau quelques fruits le cheval roux sentant l'orage trépigne dans l'écurie mon rêve m'enlace le temps me hante il me pour suit ta silhouette près du vieux puits toute ma vie recluse dans un carré de terre et toi qui me survis
  • Dans les pas du soir, dans Coin de terre, le 18 avril 2015 1 Le pays noir où je suis né a fait mystère de son ombre. Je garde souvenir de ses odeurs quand je demeurais coi, dans l'arrière-cuisine, observant les allées et venues des femmes affairées aux fourneaux. C’était les jours de grande fête. Le ciel que je contemplais de la fenêtre de ma chambre avait la profondeur de la mer. J'aimais les soirs cotonneux de l'automne, quand la bruine (...)
  • Absence de lune, dans Coin de terre, le 19 octobre 2014 Je me suis avancé puis j'ai touché le sol. J'ai couché sur la terre de mes ancêtres où mes racines s'abreuvent de vin boisé. Souvenirs brisés, je ne vis que par vous, vos doigts sur mes cordes vocales et l'argile, la terre rouge de mes ancêtres. Je me suis avancé vers la fenêtre. Le ciel heurtait la nuit. L'ombre annonçait l'arbre. J'effeuille le temps. D'où vient que sous vos (...)
  • Musée de l’enfance, dans Coin de terre, le 29 mai 2014 Lumière du couloir - copyright Roman Bonnery I A l’ombre d’un vieil arbre, près du puits, dans le « jardin de derrière », nous demeurions parfois des heures à écouter la musique du vent léger dans les feuillages. La phrase, interprétée au violoncelle, qui ouvre l’Elégie de Gabriel Fauré me rappelle aujourd’hui ce moment de l’enfance. C’était - celle que susurrait le vent - une longue (...)