Les cahiers de Serge Bonnery

Poèmes

Derniers textes publiés :

  • Pensée, dans Poèmes, le 26 juin quelques fleurs parmi les ronces jonglent avec la fureur des moissons le soir à la lueur d’une étreinte me voici lisant et relisant les quelques mêmes vers répartis au hasard de la page parmi des cohortes de coccinelles je ne crois pas à ce qui m’arrive ou plutôt je ne le réalise pas vous m’avez seulement rêvé traversant un paysage nu de lumière et de vent tandis que je fuyais à (...)
  • Absence, dans Poèmes, le 18 mai Le voici Dressé Devant toi Hérissé De révoltes Demain Sera toujours Le lendemain Du rêve Il n’atteint pas la rive Il dérive Emporté S’enivre D’utopies La main sur la rime Toujours recommencée Le doigt tendu Vers l’inconnu Le manque Le trou noir Et l’absence Et la nue
  • Heure, dans Poèmes, le 16 mai Nous sommes déjà morts et ne le savons pas. Nous avons cru consommer le bonheur qui se peut espérer en une vie de labeur et de larmes. Nous avons arpenté des terres incongrues, compté leurs ceps, vendangé nos défaites et fait l’amour à l’ombre des figuiers. Nous avons peu reçu en retour de nos plaies. Dieu nous a séparés. Notre heure n’est jamais (...)
  • La vérité s’efface, dans Poèmes, le 18 avril A force de travail la mer rompt les amarres la ville lumineuse et sombre s'éloigne broyeuse d'âmes et de lampions nous la voyons s'évanouir tandis que sur les quais errent encore de rares silhouettes ne tenant qu'à l'infime de leur vie intérieure dont nous ne saurons rien tant nous échappe la consistance de l'Etre attachée à la morsure de sa disparition la vérité s'efface sous (...)
  • Poème hétéroclite, dans Poèmes, le 9 février Nuées dévoreuses d’insectes et vous serpents de mers dans la crainte du hâle Lunes fatales courses maladives et phrases creuses comme des assiettes à soupe dans un évier de crabes Le cœur ne bat plus l’heure est au regain des halètements fauves la nuit s’envenime dans les oraisons sourdes des prisons Où la vengeance ? Où l’errance vaine ? Où les derniers fragments d’Héraclite ? (...)
  • Incomplétude, dans Poèmes, le 16 décembre 2016

    Dans les miroitements.

    Chaque jour nous ramène à nos incomplétudes comme on terre le ciel aux portes du désert La gorge déployée des vastes platitudes hurle son désespoir aux rives de l'enfer Le corps disséminé perclus de solitude mêle au sang des amants le culte de l'amer que lèchent quelques chiens à force d'habitude dans le miroitement des pulpes et des (...)
  • La guerre est partout, dans Poèmes, le 30 novembre 2016

    Tu es parti cueillir des mots.

    de vieilles femmes s'inclinent sur le passage du cortège à sa tête un homme vêtu de noir brandit une croix de poussière et de blâme il pleure et passe son chemin dans le jour qui décline devant un si triste spectacle tu es parti cueillir des mots dans un jardin d'aurore blanche
  • Un ciel plus loin, dans Poèmes, le 29 novembre 2016

    Les mauvaises nouvelles.

    la voix d'un marin te parvient entourée de silence sur cette grève où tu te tiens dans la nuit pâle tu regardes mourir un ciel entre des voiles les mauvaises nouvelles abondent dans le journal du soir
  • Les chocs aléatoires, dans Poèmes, le 24 novembre 2016 La pluie noire Le présent s’articule autour de chocs aléatoires. Nous ne savons rien de la nuit. Nous lui fermons les yeux, ignorants du lieu même où parvenir serait notre victoire.
 Combien de temps, encore, cette victoire nous sera-t-elle refusée ? 
Sous nos pieds la terre tremble et l’horizon incendié de nos rêves bat la campagne, s’en allant en fumée. Mare nostrum Une plage (...)
  • La rue vermillon, dans Poèmes, le 22 novembre 2016 Dans la rue vermillon où tu te promenais autrefois le dimanche je m'arrête un instant Les charmes des jours bleus de soleil et de vent tu ne t'en souviens plus maintenant que tu erres Dans la rue vermillon où tes pas au hasard te devinent je m'arrête souvent Derrière les rideaux d'une fenêtre jaune où ta main d'un seul trait me dessine on dirait que la pluie (...)

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