Les cahiers de Serge Bonnery

Raimon de Miraval

Articles

  • Le jeu subtil de Raimon de Miraval, dans Le Trobar, le 10 mars 2014

    Sur la canso "Bel m’es qu’ieu cant..."

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. La canso Bel m’es qu’ieu cant... est probablement l’une des dernières - sinon la dernière, écrite par le troubadour Raimon de Miraval dont les maigres possessions - le quart d’un château - s’étendaient au nord-est de Carcassonne, en lisière de la (...)
  • Bel m’es qu’ieu cant... , dans Le Trobar, le 10 mars 2014

    Canso de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. Bel m'es qu'ieu cant e condei [5] Pois l'aur'es dous' e-l temps gais E pels vergiers e pels plais Aug lo retint e-l gabei Que fan l'auzelet menut Entre-l blanc e-l vert e-l vaire Adonc se deuria traire Cel que vol qu'Amors l'ajut Vas captenensa (...)
  • Traduire, dans Notebook, le 10 mars 2014 Comme souvent, cela se passe la nuit. Dans l’attente du matin. Le silence. Ou musique vocale - le plus souvent, polyphonies du Moyen Age ou de la Renaissance - en sourdine. Juste pour le rythme. La scansion du temps. Traduire est une envie ancienne. Les poètes. Traduire des poèmes pour se tenir au plus près des mots qui le composent. Bel m’es qu’ieu cant… Il me plaît de (...)
  • Chans quan non es qui l’entenda..., dans Le Trobar, le 20 avril 2014

    Canso de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. Chans quan non es qui l’entenda [20] No pot ren valer E pus luec ai e lezer Que mon bel solatz despenda, Ses gap si’un pauc auzitz ; Quar totz ditz es mielhs grazitz Quant a la fi pauz’om ben las razos, Per qu’ieu vuel far entendre mas chansos. (...)
  • Le prix de l’amour, dans Le Trobar, le 20 avril 2014

    Le code amoureux de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval est adepte du trobar clar (une langue claire, explicite voire parfois didactique), par opposition au trobar clus (langue « close », entendez plus abstraite) d’autres troubadours. Certaines de ses cansos adoptent ainsi un style démonstratif où le raisonnement logique l’emporte sur le lyrisme poétique. C’est le cas avec Chans quan non es qui l’entenda dont nous (...)

[1Le senhal est une figure réthorique utilisée par les troubadours pour désigner la Dame aimée dont le nom devait être caché pour ne pas attenter à son honneur. Par extension, le senhal est aussi utilisé pour nommer des proches ou amis. Raimon de Miraval a choisi le senhal Audiart pour désigner son suzerain Raimon VI de Toulouse. Joë Bousquet a aussi utilisé cette figure pour préserver les noms des femmes souvent mariées dont il était amoureux et avec qui il entretenait des conversations et/ou des correspondances amoureuses : c’est ainsi que nous croisons dans ses livres la blanche par amour, poisson d’or, iris...

[2René Nelli analyse ces tendances de la poésie des troubadours et en mesure l’étendue jusque dans la poésie du XXe siècle dans un essai, « Poésie ouverte, poésie fermée » publié aux éditions des Cahiers du Sud en 1947 et qui n’a - hélas - jamais été réédité.

[3Avec le Paratge et la Convivencia, le Pretz est l’une des trois valeurs fondatrices de la civilisation d’Oc. Il désigne l’honneur chevaleresque et la noblesse de cœur

[4Le 16 juillet 1212, Pierre II avait fait subir une sévère défaite aux Almohades lors de la bataille dite de Las Navas de Tolosa, dans la province de Jaén, en Andalousie.

[5Nous donnons ici le texte occitan adopté par René Nelli dans son livre Raimon de Miraval du jeu subtil à l’amour fou (éditions Verdier, 1980), lui-même repris des textes donnés dans l’édition Topsfield des Classiques d’Oc (Paris, 1971) et dans Le Parnasse Occitanien d’Henri Pascal de Rochegude (Toulouse 1819).

[6Litt. Dans l’impossibilité de lui adresser la moindre prière pour obtenir d’elle une concession.

[7Litt. Je me trouve en grande gêne / Comment puis-je paraître vrai en dépeignant sa grande valeur.

[8Litt. Car encore n’a eu tel prix / une femme née d’une mère.

[9Il est ici quasi impossible de traduire littéralement pour offrir au lecteur une interprétation juste de l’intention du poète.

[10Litt. Tous sont ses laudateurs / Même lorsqu’ils l’ont quittée / Comme si à elle ils s’étaient vendus.

[11Litt. Corps bien fait et belles proportions.

[12Litt. Beauté n’aurait su faire plus / Elle y a mis toute sa vertu / De sorte qu’il ne reste plus rien pour personne.

[13Litt. Je m’en remets à elle.

[14Le château de Montégut, situé dans la région d’Albi, avait subi le même sort que le château de Miraval. Il avait été pris par Simon de Montfort en 1212.

[15Litt. Un empereur renommé pour sa vertu et son courage.

[16Le 16 juillet 1212, Pierre II avait fait subir une sévère défaite aux Almohades lors de la bataille dite de Las Navas de Tolosa, dans la province de Jaén, en Andalousie.

[17Litt. Que pour vous je redeviens chanteur.

[18Audiart est le senhal par lequel Raimon de Miraval désigne son protecteur et suzerain, Raimon VI comte de Toulouse à qui avait été dépossédé du château de Beaucaire par le Pape l’ayant remis par la suite à Simon de Montfort. Ainsi avait été conçue par Innocent III la rémunération terrestre des Croisés qui défendraient la cause catholique en Languedoc : les terres des vaincus reviendraient au Saint-Siège qui les redistribuerait aux féodaux pour les récompenser de leur engagement. Ici, Raimon de Miraval s’en remet totalement à Pierre II d’Aragon, le seul visiblement à ses yeux en mesure de reconquérir les terres perdues lors de la première vague d’assauts des années 1209-1213.

[19Une fois les Français vaincus, l’Occitanie retrouvera sa splendeur.

[20Texte établi par Topsfield dans Les poésies du troubadour Raimon de Miraval, éditions Nizet, 1971) et repris par René Nelli dans Raimon de Miraval du jeu subtil à l’amour fou, éditions Verdier, 1980.

[21Les poésies de Raimon de Miraval, éditions Nizet, 1971.

[22Raimon de Miraval, Du jeu subtil à l’amour fou, éditions Verdier, 1980.

[23René Nelli, op.cit.