Les cahiers de Serge Bonnery

correspondances

Articles

  • Nous partageons dans le silence, dans Regards, le 12 janvier 2014

    Joë Bousquet & René Char : une correspondance

    Extrait d'un article de Joë Bousquet paru dans La gazette des Lettres le 31 août 1946 après la publication des Feuillets d'Hypnos : Celui des hommes que j'estime le plus est aujourd'hui René Char. René Char ne croit pas que la vie ait un sens, il nous enseigne que nous créons ce sens et que nul n'y peut prétendre qu'il ne soit auparavant devenu sa vie même, tout ce que peut (...)
  • "Après cela, je suis retombé...", dans Charles Baudelaire, le 6 janvier 2014

    Une lettre de Baudelaire à sa mère

    Dans une lettre à sa mère du 30 décembre 1857, Charles Baudelaire se plaint du "torrent insupportable des futilités journalières" qui le conduit à négliger des préoccupations à ses yeux plus importantes. Face à l'incongru torrentiel, que peut le poète ? Baudelaire se laisse aller au spleen. "J'ai beaucoup à me plaindre de moi-même (...) Ce que je sens, c'est un immense découragement, (...)
  • Eugénie Grandet, le roman du roman, dans Honoré de Balzac, le 15 janvier 2014

    Le roman dans la correspondance de Balzac avec Eve Hanska

    Lundi 19 août 1833 : première mention d'Eugénie Grandet. "Depuis 8 jours, je travaille très activement à l'Europe littéraire où j'ai pris une action. Jeudi prochain la Théorie de la démarche y sera finie. C'est un long traité fort ennuyeux. Mais à la fin du mois, il y aura une Scène de la vie de province, dans le genre des Célibataires, et intitulée Eugénie Grandet qui sera mieux". (...)
  • "Le pli est pris", Baudelaire anonyme, dans Charles Baudelaire, le 15 janvier 2014

    Sept poèmes à Madame Sabatier

    Entre le 9 décembre 1852 et le 8 mai 1854, Charles Baudelaire compose sept poèmes qu'il envoie à Madame Sabatier, précisant dans le premier courrier qui contient A une femme trop gaie, le 9 décembre 1852, que ces vers lui sont destinés à elle et à elle seule : "La personne pour qui ces vers ont été faits, qu'ils lui plaisent ou qu'ils lui déplaisent, quand même ils lui paraîtraient (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 7, dans Marcel Proust, le 18 janvier 2014 « De la psychologie dans le Temps » Le temps presse. Dès le lendemain de la parution du numéro 61 de la Nouvelle Revue Française dans lequel Henri Ghéon signe sa critique de Du côté de chez Swann, Marcel Proust lui répond. La lettre est datée du 2 janvier 1914 avec mention : vendredi soir. Proust a lu et relu l’article. Il s’en est imprégné. Il l'a mâché. Remâché. Il l’a digéré. (...)
  • Joë Bousquet en mouvement, dans Regards, le 31 janvier 2014

    La cicatrisation de la blessure dans les correspondances

    Traversé par une balle, le 27 mai 1918 à Vailly-sur-Aisne, Joë Bousquet désormais cloué par l’immobilité est un homme condamné, pour vivre, à réinventer le mouvement. Telle est l’injonction que la blessure lui adresse. Pendant les quelques années de convalescence qui ont suivi le printemps 1918, entouré de médecins dont son père, Bousquet pense qu’il va pouvoir réapprendre à marcher. (...)
  • Apollinaire dans la craie des tranchées , dans Guillaume Apollinaire, le 15 février 2014 Lorsque, le 16 avril 1915, Apollinaire écrit à Lou, il n’a pas totalement renoncé à son amour - « Mon petit Amour, je pense à ta beauté » - même si la jeune femme a pris ses distances tout en conservant les clés de l’appartement du poète à Paris, 202 boulevard Saint-Germain, où, selon ses propres dires, elle mène une vie de patachon. Il est question qu’il lui envoie une bague et une (...)
  • "Et je suis resté debout...", dans La guerre, le 14 mai 2014 Sur cette carte, on peut situer sommairement le secteur où Joë Bousquet a reçu sa blessure, le 27 mai 1918. Le Chemin des Dames est au nord de Vailly. La 3ème compagnie, commandée par le capitaine Louis Houdard, était positionnée sur un plateau au nord-est de Brenelle. Bousquet et ses hommes se trouvaient aux avant-postes, dans les environs du lieu-dit Queue-de-Leu. Bousquet (...)
  • La religion de la liberté, dans Gramsci, le 2 novembre 2016

    Sur la foi en la civilisation moderne (Lettres de la prison).

    [Note de lecture] § Antonio Gramsci a été arrêté par les fascistes le 8 novembre 1926 à Rome. Son procès s'est déroulé du 28 mai au 4 juin 1928, au terme duquel il a été condamné à vingt ans, quatre mois et cinq jours de réclusion. L'apostrophe du procureur à son encontre est connue : "Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans". Il a été suivi à la lettre dans ses (...)

[1l’orthographe boulevart n’est pas une faute, on la rencontre parfois encore à la fin du XIXe siècle. Ainsi dans Rimbaud : « Boulevart sans mouvement ni commerce… »

[2Révolutionnaire et patriote italien, fervent républicain et combattant pour la réalisation de l’unité italienne, Giuseppe Mazzini (1805-1872) est considéré, avec Garibaldi, comme l’un des pères de la nation italienne.