Les cahiers de Serge Bonnery

Marcel Proust

Articles

  • Marcel Proust au pied de la lettre # 4, dans Marcel Proust, le 19 décembre 2013

    "Une interminable préparation…"

    "Une interminable préparation..." Reprenons. Vers le 20 février 1913, Marcel Proust a écrit à son ami René Blum pour lui demander de convaincre Bernard Grasset de publier son livre - le premier tome de la future Recherche - à compte d'auteur. Et le 24 février à son réveil, Marcel Proust reçoit de René Blum la bonne nouvelle : Grasset accepte. "J'écrirai à M. Grasset ou bien je (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 3, dans Marcel Proust, le 19 décembre 2013

    "Ne lui dites pas que j’ai du talent"

    "Ne lui dites pas que j'ai du talent" René Blum Un grand service. En cet hiver 1913 - nous sommes au mois de février - Marcel Proust multiplie les interventions pour faire publier son roman qui, à cette époque, comprend "deux volumes de 650 pages chacun" et ne s'appelle pas encore A la recherche du temps perdu. Il s'impatiente. Il trouve que les choses n'avancent pas assez (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 5, dans Marcel Proust, le 22 décembre 2013

    Une mise au point

    Une mise au point Ce n'est personne d'autre que Marcel Proust qui le dit. Il l'écrit, page 394 (édition Pléiade, 1987), dans Noms de pays : le nom, dans ces pages admirables où le narrateur se souvient de son amour naissant pour Gilberte lorsqu'il la rencontrait aux Champs Elysées. Voici : "Tandis que je m'apprêtais à profiter de cet instant désiré pour me livrer, sur l'image de (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 2, dans Marcel Proust, le 18 décembre 2013

    Rêverie sur le nom

    Rêverie(s) sur le nom 1 - Une maison isolée n'importe où La lettre que Marcel Proust adresse à Jean-Louis Vaudoyer (1) est datée par Philip Kolb (2) "vers le 14 novembre 1913". Elle a été envoyée, donc, dans la période, peut-être au moment même où Du côté de chez Swann sort en librairie. Le 14 novembre 1913. Le premier volume de La Recherche du Temps Perdu qui ne doit encore en compter (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 1, dans Marcel Proust, le 15 décembre 2013

    Dans le frottement des mots

    Marcel Proust dans le frottement des mots Le projet Prendre Marcel Proust au mot. Le lire pour ce qui est écrit, pour le trait que dessine le mot sur la page, laisser de côté le réseau des concepts (on y revient toujours par d'autres voies) pour ne s'intéresser qu'au tissage de la langue. A ce qui, là, se déploie sous nos yeux : un mot à mot qui, bout à bout, constitue la phrase. (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 6, dans Marcel Proust, le 17 janvier 2014 « Le contraire d’une oeuvre d’art » L’entrée de Marcel Proust à la Nouvelle Revue Française pour l’édition de la suite de sa Recherche après la publication chez Grasset de Du côté de chez Swann est une longue histoire. Une parmi les plus piquantes de l’histoire de la littérature. Une de celles dont raffolent les biographes et les historiens. On se souvient : Du côté de chez Swann a (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 7, dans Marcel Proust, le 18 janvier 2014 « De la psychologie dans le Temps » Le temps presse. Dès le lendemain de la parution du numéro 61 de la Nouvelle Revue Française dans lequel Henri Ghéon signe sa critique de Du côté de chez Swann, Marcel Proust lui répond. La lettre est datée du 2 janvier 1914 avec mention : vendredi soir. Proust a lu et relu l’article. Il s’en est imprégné. Il l'a mâché. Remâché. Il l’a digéré. (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 8, dans Marcel Proust, le 4 février 2014 L’allée des Acacias ou la mort des Dieux« Le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années ». Marcel Proust "... à la hauteur d'une victoria..." Nous sommes à la fin de Nom de Pays : le nom qui clôt Du côté de chez Swann. C’est la fin de l’automne. L’atmopshère est nostalgique. (...)
  • Marcel Proust au pied de la lettre # 9, dans Marcel Proust, le 19 février 2014 Comme le doigt de Dieu Nous vivons tous avec en tête des souvenirs de clochers de villages... D’aussi loin que je me souvienne, lorsque j’étais autorisé à sortir le dimanche (il fallait pour cela qu’il ne plût pas ni que le moindre souffle de vent ne fît grincer les volets de la maison), nous partions en promenade dans le village selon un trajet qui consistait à en faire le tour (...)
  • Le corps dans tous ses états , dans WebAssoAuteurs, le 28 février 2014

    Kafka, Proust, Bousquet et Horace avec Laurent Margantin, Christine Genin et Danielle Carlès

    « Écrire le corps est l’un des enjeux les plus pri­mor­diaux auquel se confrontent les auteurs les plus divers. De Monsieur Bloom dans ses cabi­nets au goût de la made­leine de Marcel, en pas­sant par le vieil Achab qui a son mal che­villé au corps, les pro­blèmes de foie de l’homme du sous-​sol, ou encore l’attente fébrile de Julien Sorel devant la porte de Mme de Raynal », écrit Pierre (...)

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[1René Blum, frère cadet de Léon Blum, a été successivement journaliste e critique d’art au Gil Blas, puis directeur artistique de la Société des grands établissements (les futurs casinos Partouche et Barrière) et, enfin, directeur du théâtre de Monte Carlo. Ayant pris en 1932 la succession de Diaghilev à la tête des ballets de ce théâtre, il crée les Ballets russes de Monte Carlo qui connaissent un grand succès en France, en Europe et aux Etats-Unis. René Blum est mort à Auschwitz en septembre 1942.

[2Le Prince Antoine Bibesco était diplomate roumain en France. Ami de Marcel Proust, il a tenté en vain de faire publier la Recherche par André Gide à la NRF.

[3Reynaldo Hahn, pianiste et compositeur, ami de Marcel Proust.

[4Kafka souffrait d’une tuberculose du larynx. Il donnait également des signes d’hypocondrie et de dépression qui se traduisaient physiquement sous la forme de migraines, d’insomnies et d’irruption de furoncles. Né le 3 juillet 1883 à Prague, Kafka est décédé le 3 juin 1924 au sanatorium de Kierling en Autriche, à l’âge de 40 ans.

[5Ancienne élève de l’ENS de Saint-Cloud et agrégée de lettres, Christine Genin travaille aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France.

[6Poisson d’Or était le nom donné par Bousquet à une femme aimée. Sa correspondance avec Germaine est publiée dans la collection L’Imaginaire des éditions Gallimard