Les cahiers de Serge Bonnery

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Articles

  • Hermione mains ouvertes (suite), dans Le coup de dé (poèmes), le 18 juillet 2013 Photo Roman Bonnery Hermione fatale A l’aube dans la lumière près la terre déjà de nos ancêtres en ruine Ô roses vespérales abandonnées Le néant emporté de nos sérénités rebelles Et la belle endormie Ô rose Le ciel ? Tu as jeté son nom. Tu as cessé de croire. La nuit est lente sur le seuil. Tu n’as plus d’yeux derrière la lumière. Sinon le ciel Des bohémiennes battent leurs (...)
  • Un roman photo # 17, dans Un roman photo, le 9 janvier 2014 « Dernières nouvelles ! », s’écrie le petit vendeur coiffé d’une casquette, sa pile de journaux sous le bras. Il ploie sous le fardeau, brandit sa Une et vante des malheurs aux passants. « C’est la guerre ! » Impassibles, les cariatides veillent sur cet enfant et les passants qui vont et viennent sous leur regard de pierre. Ce soir, elles tiennent la France à bout de bras. A leurs (...)
  • Un roman photo # 16, dans Un roman photo, le 19 décembre 2013 Chaque matin, après avoir interrogé le ciel, le petit libraire d’en face sort son déballage sur le trottoir. Sa boutique déborde de vieux livres abandonnés entre deux déménagements. Qui s’intéressera aujourd’hui à son bric-à-brac ? Un homme s’approche. Lunettes en écaille au bout du nez, barbe sale, long manteau grisâtre. Il plonge ses mains dans le bac, passe tous les titres en revue. (...)
  • Un roman photo # 15, dans Un roman photo, le 17 décembre 2013 A peine éveillée la halle se transformait en fourmilière. Déjà les livreurs y étaient à pied d’oeuvre. Ils couraient en tous sens, poussaient dans la bousculade leurs carrioles chargées. Les vendeuses vociféraient. On ne s’entendait plus. L’enfant avait suivi ses grands frères. C’était le premier jour des vacances. Ils l’occuperaient à bâtir des pyramides d’oranges sur des étalages (...)
  • Un roman photo # 14, dans Un roman photo, le 13 décembre 2013 Elle aime se retrouver seule dans le silence, loin du monde. Depuis l’enfance, elle rêve de peindre. Elle n’en avait pas le temps jusqu’ici. Elle ne regarde plus autour d’elle. Les yeux rivés sur son carnet, un pinceau. Devant elle, un verre d’eau dans lequel elle dilue les pigments jusqu’à la transparence. Elle peindra l’âme bleue des passants. sur une photo de Roman (tous (...)
  • Un roman photo # 13, dans Un roman photo, le 6 décembre 2013 Ils ont tous levé la tête au même moment, couru vers la fenêtre pour apercevoir le foulard emporté par le vent. Il a effleuré la grille, épousé ses contours. Puis a repris sa course entre les poutres métalliques du pont. Elle a surgi de nulle part, remontant l'avenue, perdue dans ses pensées. Il s'est approché sans bruit. D'un froissement léger, il l'a enveloppée dans la chaleur de (...)
  • Un roman photo # 11, dans Un roman photo, le 22 novembre 2013 Depuis qu’il avait cru la reconnaître dans la foule, le souvenir lointain de son regard ne le quittait plus. Il l’avait cherchée dans la ville, passé en revue les noms dans les annuaires, interrogé les concierges. Lorsqu’elle reçut son message, une sensation de chaleur l’envahit. Elle vit défiler sous ses yeux les images de leur enfance. Ils s’étaient donné rendez-vous un soir (...)
  • Un roman photo # 10, dans Un roman photo, le 8 novembre 2013 Lorsqu’elle a gravi les dernières marches en s’aidant de ses mains contre la paroi rugueuse, le bois de l’escalier a craqué sous ses pas. Lorsqu’elle a ouvert la porte, les gonds, comme chaque fois qu’on ouvrait cette porte, ont grincé. Lorsqu’elle a pénétré dans l’étroit couloir, elle s’est libérée de ses chaussures qui sont retombées lourdement sur le parquet fraîchement ciré. (...)
  • Un roman photo # 9, dans Un roman photo, le 1er novembre 2013 Elle est partie et la terrasse derrière elle s’est vidée peu à peu. Il est resté seul. Une rivière de lierre tombe de la fenêtre en cascade. La façade en est inondée. Il lève la tête. Regarde autour de lui. Il attend son appel. A la table voisine, plus personne maintenant ne viendra. La sonnerie retentit. Il approche sa main. Son nom s’affiche sur l’écran. Il décroche, hésitant. (...)
  • Un roman photo # 7, dans Un roman photo, le 18 octobre 2013 Les choses ne peuvent demeurer en l’état. On entendra crisser les chenilles de la bête. On la redoutera dans l’angle. Lorsqu’elle atteindra le coin de la rue, lacérant l’asphalte de ses empreintes métalliques, on apercevra son bras long s’étirer en direction de la façade. Elle l’effleurera. Puis sa griffe d’acier commencera son travail de sape. Cela ne prendra pas longtemps. Juste, (...)

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