Les cahiers de Serge Bonnery

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Articles

  • Les Géorgiques # 16, dans Claude Simon, le 4 novembre 2013 Visage(s) de LSM Il a cinquante ans. Il est général en chef de l'artillerie de l'armée d'Italie. Il réside à Milan. Il porte une tunique au col et au plastron bordé de dorures. Ainsi débutent Les Géorgiques. Par l'évocation de LSM, l'un des personnages centraux du récit, celui autour duquel s'articule l'ensemble du roman. Non que les autres personnages - le narrateur cavalier (...)
  • Le Génie d’Oc, dans Letras, le 30 janvier 2014

    Une note d’intention

    Avant que les Croisés ne déferlent sur les terres occitanes à partir de 1209, s’était développée sur les possessions du comte de Toulouse qui s’étendaient de l’Aquitaine à la Provence une civilisation originale, portée par une langue qui devait son universalité au talent des poètes – les troubadours – qui la servaient. La société occitane qui connut son apogée au XIIe siècle reposait (...)
  • Le jeu subtil de Raimon de Miraval, dans Le Trobar, le 10 mars 2014

    Sur la canso "Bel m’es qu’ieu cant..."

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. La canso Bel m’es qu’ieu cant... est probablement l’une des dernières - sinon la dernière, écrite par le troubadour Raimon de Miraval dont les maigres possessions - le quart d’un château - s’étendaient au nord-est de Carcassonne, en lisière de la (...)
  • Bel m’es qu’ieu cant... , dans Le Trobar, le 10 mars 2014

    Canso de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. Bel m'es qu'ieu cant e condei [6] Pois l'aur'es dous' e-l temps gais E pels vergiers e pels plais Aug lo retint e-l gabei Que fan l'auzelet menut Entre-l blanc e-l vert e-l vaire Adonc se deuria traire Cel que vol qu'Amors l'ajut Vas captenensa (...)
  • Chans quan non es qui l’entenda..., dans Le Trobar, le 20 avril 2014

    Canso de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval, représenté sur cette miniature en chevalier faidit. Manuscrit du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France. Chans quan non es qui l’entenda [21] No pot ren valer E pus luec ai e lezer Que mon bel solatz despenda, Ses gap si’un pauc auzitz ; Quar totz ditz es mielhs grazitz Quant a la fi pauz’om ben las razos, Per qu’ieu vuel far entendre mas chansos. (...)
  • Le prix de l’amour, dans Le Trobar, le 20 avril 2014

    Le code amoureux de Raimon de Miraval

    Raimon de Miraval est adepte du trobar clar (une langue claire, explicite voire parfois didactique), par opposition au trobar clus (langue « close », entendez plus abstraite) d’autres troubadours. Certaines de ses cansos adoptent ainsi un style démonstratif où le raisonnement logique l’emporte sur le lyrisme poétique. C’est le cas avec Chans quan non es qui l’entenda dont nous (...)
  • La Grèce dans tous ses états, dans Mélanges, le 17 juin 2014

    Rencontre avec l’essayiste et romancier Yannis Kiourtsakis

    Chaque printemps, le Banquet du livre de Lagrasse accueille une littérature étrangère. Cette année : la Grèce sur fond de crise et d'interrogations. Yannis Kiourtsakis - copyright éditions Verdier A contre-courant. Le Banquet du livre de Lagrasse a consacré son édition de printemps à la Grèce. « Un thème qui s'imposait », selon Dominique Bondu, le directeur de la Maison du Banquet. (...)
  • Où la langue bute, dans Mélanges, le 8 novembre 2014 Sur la Kolyma [Notes préparatoires] « La Kolyma n’est pas seulement une région, une planète, un trou noir. C’est aussi un texte, lieu de métamorphose du réel en langage », écrit Luba Jurgenson dans sa préface aux Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (éditions Verdier). La question que pose (et se pose) Chalamov au moment où il entreprend la longue suite dees Récits de la Kolyma (...)
  • La vie en rimes, dans Notebook, le 9 décembre 2014

    Yves Charnet raconte son compagnonnage avec Claude Nougaro

    L’écrivain Yves Charnet a rencontré Claude Nougaro lors d’un concert de Charles Trénet à Paris et ne l’a plus quitté. Il fait récit de ce compagnonnage dans son dernier livre, Quatre boules de jazz (Nougasongs) paru dans la collection Jazz Impressions des éditions Alter Ego. Claude Nougaro, en 1998, au Grand Théâtre de la Cité de Carcassonne - Photo Claude Boyer Comment s’est (...)
  • Yves Rouquette, porteur de langue, dans Letras, le 6 janvier 2015

    Après le décès du poète

    Le poète Yves Rouquette s’est éteint dimanche 4 janvier à l’âge de 78 ans dans sa maison de Camarès, en Rouergue. Il fut un inlassable porteur de langue. Sa langue, l'occitan, il la voulait sur le papier, dans les livres, en chansons, au théâtre, dans la rue, dans les manifestations contre l'injustice et l'oppression, dans les arbres, sous le soleil ouvertement. L’Occitanie perd (...)

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[1Reproduit dans "Choderlos de Laclos, l’auteur des liaisons dangereuses", Jean-Paul Bertaud (éditions Fayard)

[2Le senhal est une figure réthorique utilisée par les troubadours pour désigner la Dame aimée dont le nom devait être caché pour ne pas attenter à son honneur. Par extension, le senhal est aussi utilisé pour nommer des proches ou amis. Raimon de Miraval a choisi le senhal Audiart pour désigner son suzerain Raimon VI de Toulouse. Joë Bousquet a aussi utilisé cette figure pour préserver les noms des femmes souvent mariées dont il était amoureux et avec qui il entretenait des conversations et/ou des correspondances amoureuses : c’est ainsi que nous croisons dans ses livres la blanche par amour, poisson d’or, iris...

[3René Nelli analyse ces tendances de la poésie des troubadours et en mesure l’étendue jusque dans la poésie du XXe siècle dans un essai, « Poésie ouverte, poésie fermée » publié aux éditions des Cahiers du Sud en 1947 et qui n’a - hélas - jamais été réédité.

[4Avec le Paratge et la Convivencia, le Pretz est l’une des trois valeurs fondatrices de la civilisation d’Oc. Il désigne l’honneur chevaleresque et la noblesse de cœur

[5Le 16 juillet 1212, Pierre II avait fait subir une sévère défaite aux Almohades lors de la bataille dite de Las Navas de Tolosa, dans la province de Jaén, en Andalousie.

[6Nous donnons ici le texte occitan adopté par René Nelli dans son livre Raimon de Miraval du jeu subtil à l’amour fou (éditions Verdier, 1980), lui-même repris des textes donnés dans l’édition Topsfield des Classiques d’Oc (Paris, 1971) et dans Le Parnasse Occitanien d’Henri Pascal de Rochegude (Toulouse 1819).

[7Litt. Dans l’impossibilité de lui adresser la moindre prière pour obtenir d’elle une concession.

[8Litt. Je me trouve en grande gêne / Comment puis-je paraître vrai en dépeignant sa grande valeur.

[9Litt. Car encore n’a eu tel prix / une femme née d’une mère.

[10Il est ici quasi impossible de traduire littéralement pour offrir au lecteur une interprétation juste de l’intention du poète.

[11Litt. Tous sont ses laudateurs / Même lorsqu’ils l’ont quittée / Comme si à elle ils s’étaient vendus.

[12Litt. Corps bien fait et belles proportions.

[13Litt. Beauté n’aurait su faire plus / Elle y a mis toute sa vertu / De sorte qu’il ne reste plus rien pour personne.

[14Litt. Je m’en remets à elle.

[15Le château de Montégut, situé dans la région d’Albi, avait subi le même sort que le château de Miraval. Il avait été pris par Simon de Montfort en 1212.

[16Litt. Un empereur renommé pour sa vertu et son courage.

[17Le 16 juillet 1212, Pierre II avait fait subir une sévère défaite aux Almohades lors de la bataille dite de Las Navas de Tolosa, dans la province de Jaén, en Andalousie.

[18Litt. Que pour vous je redeviens chanteur.

[19Audiart est le senhal par lequel Raimon de Miraval désigne son protecteur et suzerain, Raimon VI comte de Toulouse à qui avait été dépossédé du château de Beaucaire par le Pape l’ayant remis par la suite à Simon de Montfort. Ainsi avait été conçue par Innocent III la rémunération terrestre des Croisés qui défendraient la cause catholique en Languedoc : les terres des vaincus reviendraient au Saint-Siège qui les redistribuerait aux féodaux pour les récompenser de leur engagement. Ici, Raimon de Miraval s’en remet totalement à Pierre II d’Aragon, le seul visiblement à ses yeux en mesure de reconquérir les terres perdues lors de la première vague d’assauts des années 1209-1213.

[20Une fois les Français vaincus, l’Occitanie retrouvera sa splendeur.

[21Texte établi par Topsfield dans Les poésies du troubadour Raimon de Miraval, éditions Nizet, 1971) et repris par René Nelli dans Raimon de Miraval du jeu subtil à l’amour fou, éditions Verdier, 1980.

[22Les poésies de Raimon de Miraval, éditions Nizet, 1971.

[23Raimon de Miraval, Du jeu subtil à l’amour fou, éditions Verdier, 1980.

[24René Nelli, op.cit.

[25Yannis Kiourtsakis : Le Dicôlon (512 pages, 26 euros) et Double Exil (336 pages, 21,50 euros) aux éditions Verdier

[26Yves Charnet, Miroirs de Julien L. Editions Au diable vauvert.

[27Comme je vous aime, je n’aurai pas besoin de le dire quand je serai confondu avec vous.

[28La poésie est une arme chargée de futur.


[29Cette bibliographie est donnée à titre indicatif pour témoigner de la diversité de son œuvre. Elle ne se veut pas exhaustive.