Les cahiers de Serge Bonnery

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Comme Kafka

jeudi 31 janvier 2019, par Serge Bonnery

« Alors, comme Kafka dans son Journal, écrire : une page par jour, quoi qu’il arrive, quelle que soit l’heure, quelles que soient les conditions, les circonstances de l’écriture, ce n’est pas cela qui importe au regard de la tâche qu’il y a à mener à bien. La seule chose qui ait du sens est : écrire. Et ainsi, s’il se peut, en écrivant, percer à jour les choses dans leur compossibilité. »

Isabelle Pariente-Butterlin, Manuel Anti-onirique, publie.net éditions.

Quelque chose attend. Quelque chose – pour l’instant, il n’y a pas d’autre mot pour nommer la chose – qui n’a pas de forme. Pas de forme donc pas de mot. Les mots dans la langue ne nomment pas l’informe. Nous vivons dans un monde où l’informe n’a pas de nom. Là est peut-être la source de nos difficultés à dire un monde informe chaotique bancal. Inachevé. Un monde à taire puisqu’il ne peut en être autrement. Pour l’instant.

Un monde à terre. Et l’Autre – chose – qui s’en est allée. Loin. Derrière d’épais nuages. C’est ainsi que j’imaginais la chose enfant. Mais j’étais un enfant. Maintenant je n’imagine plus. Je veille. Et je croise la nuit sur ma route des mots vidés de leur sens. Comme si quelque chose – on y revient – en eux s’en était allé. Loin. Là-bas. Derrière les nuages.

Instant sonore et visuel. Bruits de klaxons de pneus qui crissent d’anonymes qui hurlent des mots que l’on ne comprend pas à cause de la distance et de l’écho. Un brouhaha. De l’informe qui ne dit rien. Ce ne dit rien attention n’est pas le silence. Le silence c’est tout autre chose. Non plus quelque chose – puisqu’il n’y a pas d’autre mot pour l’instant – mais autre chose. Ou la chose autrement. Sans nom.

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