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L’âme des oiseaux (I)

vendredi 28 septembre 2018, par Serge Bonnery

L’âme des oiseaux est le premier livre publié par Jaume Saïs. Livre autobiographique explique l’auteur. « Les oiseaux, dit-il, ont toujours fait partie de ma vie ». Jaume se souvient : « Mon père volait des nids dans les arbres, pendait une cage sur place. Les parents les nourrissaient à travers les barreaux. Il les ramenait ensuite à la maison. Des serins, chardonnerets ou verdiers. Et même des moineaux. Tout passe, ici, par un regard d’enfant. Le mien ».

Voici quelques extraits choisis de L’âme des oiseaux. Une autre sélection sera mise en ligne dans ce même espace d’ici quelques jours.

Les hirondelles sont là, dans le solfège des fils électriques- noires- notes de musique qui se taisent. La clef, là, devant, ouvre les portes de la migration... L’Afrique bien sûr.. Du Nord, mais l’Afrique.. elles partiront d’un coup d’ailes, quand le ciel sera grimaçant.

Douze ans. L’âge où l’amour court au milieu des routes et joue à chat perché. On s’offre des fleurs, même un peu fanées, on n’est pas trop regardant sur la couleur un peu mâchée du bonheur.
D’ailleurs, elles resteront souvent sur le rocher où l’on s’est assis un moment pour croquer le chocolat noir d’un petit soupir. On arrache des étoffes à la garrigue et au ciel pour panser nos genoux écorchés. On se fait nos petites aquarelles, on y rajoute, constellé d’étoiles, le plumage rouge brique d’une compagnie de perdreaux.

Parfois, les filles de la montagne ressemblent aux narcisses du mois de mai. Leur robe blanche tout autour, tu peux toucher, tu ne risques rien. C’est quand tu veux fourrer ton nez dans leur corsage jaune que le pire est à venir.
Une capiteuse poussière d’or s’infiltre partout, envoûtante, entêtante comme une migraine, surtout si tu oses les mettre en bouquet.
Quant à les emmener dans ta chambre.... N’y pense pas. Regarde-les plutôt danser, en ronde dans les prés...
Approche-toi lentement... Attends l’été.
Alors cueille, prends doucement.

copyright Jaume Saïs
(à suivre)
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