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Renaître

lundi 21 mai 2018, par Serge Bonnery

Mercredi 16 mai. "Il faudra renaître, et renaître différents". Joë Bousquet

Mis ce matin la dernière main au livre Les blessures de Joë Bousquet, coécrit avec Alain Freixe, à paraître d’ici la mi-juin aux éditions Trabucaire de Perpignan. Je reproduis ici la quatrième de couverture qui résume le projet.

27 mai 1918 : à Vailly-sur-Aisne, sur le plateau de Brenelle, Joë Bousquet est atteint par une balle en pleine poitrine qui pince sa moelle épinière et provoque la paralysie immédiate et définitive des membres inférieurs.
3 septembre 1939 : au moment où Joë Bousquet voit ses amis rappelés au combat, sa moelle épinière saigne à nouveau. « J’ai failli être la première victime de la guerre », écrira-t-il à son ami Jean Ballard, directeur des Cahiers du Sud.
1918-1939 : deux blessures qui, par un effet de retournement, deviennent deux naissances. Les plaies ouvertes et sans cesse rouvertes dans les textes de Joë Bousquet laissent affleurer à leurs lèvres le souffle du possible. Elles sont les messagères de vie de l’une des œuvres les plus singulières de la littérature du XXe siècle.

Cela fait de longues années que je m’intéresse aux circonstances de la blessure survenue le 27 mai 1918 à Vailly-sur-Aisne et qui paralysa Bousquet jusqu’à la fin de ses jours, faisant de lui un poète. On sait, de cet événement dont il fit une nouvelle naissance, ce qu’il a bien voulu en dire dans quelques correspondances et rares écrits autobiographiques que je me propose de relire aujourd’hui dans un texte intitulé : La guerre à l’œuvre. Ou comment la guerre agit l’œuvre, lui donne acte de sa présence dans sa chair. Je veux dire, la chair des mots. Ces mots appelés à faire corps.

A propos de Une saison en enfer, Rimbaud écrit à sa mère : « J’ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens ». Comment comprendre cette explication ? Est-ce à dire qu’il n’y a jamais une seule lecture d’un texte ?

Il y a la lecture littérale, celle qui donne le sens premier. Se déploient ensuite tous les autres sens du texte. Lire est patience attentive. C’est une question de temps. Passer et repasser.

Le texte en tant que mise en abîme des sens multiples qu’il porte. Le texte, un miroir des sens.

Les poèmes de Verlaine durant la période où il fréquente Rimbaud, soit de l’automne 1871 à l’été 1873, se trouvent dans les recueils suivants :

-  Album Zutique
-  Romances sans paroles
-  Sagesse (Cellulairement)

Mystère du recueil Cellulairement qui, à l’origine, devait rassembler les poèmes écrits à la prison des Petits-Carmes de Bruxelles entre le 11 juillet et le 24 octobre 1873 puis à la prison de Mons entre le 25 octobre 1873 et le 25 janvier 1875.

Le recueil n’a jamais été publié. Les poèmes de Cellulairement sont repris dans Sagesse, Jadis et Naguère, Parallèlement et Invectives.

Parallèlement est « l’enfer de son œuvre chrétien », écrit Verlaine dans l’Avertissement (1894) qui ouvre le recueil.

Poèmes de Cellulairement à lire comme l’envers de Une saison en enfer :
-  La Grâce
-  Don Juan pipé
-  L’impénitence finale
-  Amoureuse du diable
-  Crimen amoris

A venir prochainement dans l’anthologie de l’Epervier Incassable (onglet Poésie/s).

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