Les cahiers de Serge Bonnery

Accueil > Ecriture/s > Sur la langue > Langue éphémère

Langue éphémère

lundi 18 décembre 2017, par Serge Bonnery

Je ne m’allonge plus le soir dans l’herbe fraîche, au bord de la rivière, parmi les nuées de lucioles. Les relents ultimes de la chaleur estivale me répugnent.

Ma langue se disperse entre les ceps noueux qui s’arrachent à une terre hostile et granuleuse dont le vent durcit la surface, formant la carapace rugueuse de mes silences et de mes secrets.

Les mots nous quittent comme ils sont venus. Les mots échappent. La difficulté qu’éprouve la langue à les retenir. Il faudrait qu’une main fût tendue.

Quand j’écris, je regarde la langue passer sous mes yeux.

Certains soirs d’été, je la contemple dans la lumière des réverbères. Elle est là. Tout le temps. Je passe le mien à l’apprivoiser. A l’aide d’un filet à papillons, maladroitement, je tente de la capturer. Sauvage. Ephémère.

< >

Forum

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.