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Le capitalisme est un despotisme

mardi 5 septembre 2017, par Serge Bonnery

Le système capitaliste bourgeois qui se dévore lui-même et représente désormais un danger pour l’avenir même de la planète, a profondément bouleversé le visage du monde. Les campagnes se sont dépeuplées au profit des villes où « la propriété des moyens de production est concentrée dans les mains de quelques-uns ».

Nous vivons en ce XXIe siècle sous « la domination économique et politique de la classe bourgeoise » dont, en France, le président de la République, son gouvernement et sa majorité sont les purs produits. Ainsi que l’indique la réforme du code du travail qui modifie en profondeur les rapports sociaux dans l’appareil de production – et ne constitue « qu’une première étape » a prévenu le président du Medef – la victoire électorale d’Emmanuel Macron doit permettre à la bourgeoisie de poursuivre son objectif de démantèlement de la conscience de classe ouvrière, laquelle est réduite au rang de variable d’ajustement dans la conquête effrénée du profit.

« La société bourgeoise moderne (…) ressemble au sorcier qui ne peut plus maîtriser les puissances infernales qu’il a évoquées ». Ces puissances portent un nom : le profit de quelques-uns au détriment du plus grand nombre. « L’histoire de l’industrie et du commerce » est-elle encore, comme au XIXe siècle, « l’histoire de la révolte des forces productives modernes contre les rapports modernes de production, contre les rapports de propriété qui sont les conditions d’existence de la bourgeoisie et de sa domination » ? C’est tout l’enjeu des luttes actuelles.

Les « trop » de la bourgeoisie – « trop de moyens de subsistance, trop d’industrie, trop de commerce… » - « portent toute la société bourgeoise au désordre » et « mettent en péril » son existence même. Tels sont les temps de crise que la bourgeoisie surmonte « par l’anéantissement forcé d’une masse de forces productives » d’une part – entendez les guerres et le chômage de masse – et « la conquête de nouveaux marchés » d’autre part. Il faut comprendre avec Marx et Engels que les crises sont nécessaires à la régulation du système pour éviter son implosion. Et que, de fait, la bourgeoisie a besoin de sa victime – le prolétariat – pour se sauver, elle, de l’abîme dans lequel l’entraîne sa course au profit.

  • Une marchandise

« La bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui lui donneront la mort ; elle a aussi engendré les hommes qui manieront ces armes – les ouvriers modernes, les prolétaires », écrivent Marx et Engels.

Les ouvriers, quant à eux, « ne vivent que tant qu’ils trouvent du travail » [1]. Et « ils ne trouvent du travail que tant que leur travail augmente le capital ». Pour les auteurs du Manifeste, les ouvriers sont « une marchandise (…) exposée (…) à toutes les fluctuations du marché ». « Ils ne sont pas seulement les domestiques de la classe bourgeoise (…), ils sont domestiqués par la machine, par le surveillant, par le bourgeois industriel ».

S’exerce ainsi contre la classe ouvrière un « despotisme (…) d’autant plus mesquin, odieux, exaspérant qu’il proclame plus ouvertement que sa fin ultime est le profit ». Ce despotisme est l’autre nom du capitalisme.

Le prolétariat, lui, ne trouve sens à son existence que dans la lutte contre la bourgeoisie. C’est son « ADN ». Et si « tout le mouvement historique est concentré entre les mains de la bourgeoisie », le prolétariat, lui, voit sa force croître à la mesure du sentiment qu’il en a. Voilà pourquoi il est primordial que le prolétariat conserve la conscience de lui-même, cette conscience que tente de lui arracher la bourgeoisie pour le réduire en esclavage.

(à suivre)

[1Ce qui signifie de fait que le chômage est en soi une condamnation.

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