Les cahiers de Serge Bonnery

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Les chocs aléatoires

jeudi 24 novembre 2016, par Serge Bonnery

La pluie noire

Le présent s’articule autour de chocs aléatoires. Nous ne savons rien de la nuit. Nous lui fermons les yeux, ignorants du lieu même où parvenir serait notre victoire.
 Combien de temps, encore, cette victoire nous sera-t-elle refusée ? 
Sous nos pieds la terre tremble et l’horizon incendié de nos rêves bat la campagne, s’en allant en fumée.

Mare nostrum

Une plage rebelle au vent qui incarnait à leurs yeux d’hommes revenus de l’enfer, tantôt l’espoir, tantôt la peur de la mélancolie. Une plage rebelle au mouvement de l’eau qui la contemple dans la fixité des miroirs. 
Une plage docile aux coups de mer qui la vêtaient d’algues venimeuses et la coiffaient élégamment d’étoiles dispersées. 
Une plage docile aux paroles en larmes. 
Une plage rebelle et qui serait le lieu.


L’invention du doute

L’horloge lunaire marque le pas. Le mouvement, souffle fantomatique, ne lui est plus d’aucun effet. Face aux verres galvanisés, un homme joue sa vie aux dés. Dans ses yeux, nulle attente, mais la rive approchée des terres mouvantes. Sous la pierre de feu lavée, la pluie noire dans le marais. Sa bouche demeurée silencieuse. La vie enfuie de son corps blanc. Ses mains licencieuses. Son visage lent. 
Il a vu le soleil, grand imagier des ombres. Il court sur l’horizon à sa perte certaine.
Pierre tombale, un précipice où ses dernières illusions sont emmurées.
Vertigineusement, la mémoire perdue sur le papier d’eau renversée.

Traces

Je sais des traces sur les plaies, des fractures ouvertes, des entailles dans les plis du ciel où capter la lumière et dire la lenteur des rives sur le lac, enneigées.
 Sans mémoire, pas de chemin, mais des gorges en feu et nos rites du soir dépourvus d’ornements. L’homme couché dans l’entier de son corps. Le doute. Le dénuement. L’ennui, vin doux de la mélancolie.

Chocs aléatoires

Fortes pertes

Dans la bataille 

Des morts et des corps tremblant encore



Porte étroite

Force frappe 

Sur le sol une clé tombée de la portée


Les traces effacées de nos vies oublieuses 


Porte ouverte 

Chausse-trape

Les orages rageurs 

Leur nonchalance verte



Un que l’on croyait mort et qui s’éveille

Un qui refuse la partie de dés 



Porte ouverte 

Aussitôt refermée

Et le dernier de la cohorte triste

Qui a vu le soleil et ne reviendra pas

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