Les cahiers de Serge Bonnery

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"Une musique de terre et de feu"

samedi 30 avril 2016, par Serge Bonnery

Comme toujours dans les histoires de famille, tout commence au berceau. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu la musique de Pedro », dit Gaspar Claus, violoncelliste, fils du guitariste flamenco Pedro Soler. Un « son familier » donc, que ces burlerias, sevillanas, tientos, peteneras... tous genres que le duo explore dans sa deuxième production discographique parue ces jours-ci.

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Photo Bernard Plossu

L’idée de marier guitare et violoncelle ne date pas d’hier. Elle a germé dans la tête de Gaspar Claus lorsque, élève au conservatoire de Perpignan, il étudiait Les Folies d’Espagne du compositeur baroque français Marin Marais. Et elle n’a cessé, depuis, de faire son chemin.

Après Barlande, paru il y a quatre ans, voici donc le deuxième CD du père et du fils. « Une lente maturation », explique le violoncelliste. « Si l’on regarde la discographie de mon père, on remarque qu’il n’a jamais réalisé deux enregistrements consécutifs avec les mêmes personnes », fait observer Gaspar Claus.

Al viento est le fruit d’une expérience partagée et prolongée sur scène. « Beaucoup des nouveaux morceaux se sont nourris de nos concerts. Et certains, qui n’avaient pas été retenus pour le premier disque, ont évolué grâce à la scène ».

Jouer, rejouer, remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier : le refrain est connu. Et s’il valait pour la poésie du temps de Boileau, il reste une exigence pour tout créateur d’aujourd’hui.

Un son aussi clair que les idées des musiciens qui le produisent, une diction dont la netteté traduit une forme d’aboutissement et de sérénité dans le chant : tel s’écoute Al Viento. Le duo Claus-Soler a gagné en maturité. « Pedro dirait que nous avons gagné en énergie flamenco », rectifie Gaspar.

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Gaspar Claus & Pedro Soler (© Cyrille Chouplas)

Et voilà sans doute le maître mot qui s’impose pour rendre compte de ce nouvel opus : l’énergie, quelque chose de l’ordre du flamboiement intérieur qui vous saisit et vous rend nu, face à vous-même, dans la vérité de vos aspirations.

« Je travaille actuellement sur des projets qui tendent vers une simplification de l’écriture et du matériau sonore », prévient Gaspar Claus. « Mais avec le flamenco, je retrouve l’archaïsme du chant, de la corde et de l’instrument. Le flamenco est une musique de terre et de feu. Le bois craque pour ça... » Et pas seulement le bois.


Al Viento, par Gaspar Claus (violoncelle) et Pedro Soler (guitare). 1 CD label InFiné. Photo de couverture Bernard Plossu.

Barlande, par les mêmes musiciens, 1 CD InFiné.

A noter que Gaspar Claus travaille au lancement de son propre label sous le nom de « Les disques du festival permanent ». Le premier enregistrement proposera un duo Gaspar Claus (violoncelle) et Marion Cousin (chant) dans des chants de travail et des romances des îles de Majorque et Minorque (en langue catalane). Sortie prévue le 24 juin.

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