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Bob Dylan aux avant-postes

lundi 11 janvier 2016, par Serge Bonnery

Entre 1965 et 1966, Bob Dylan qui a jusque-là marqué de son empreinte la scène folk de Greenwich Village, est pris d’une fièvre créatrice exceptionnelle. Sous ses doigts, les chansons coulent de source.

Trois albums sortent en moins de deux ans, trois piliers de la discographie dylanienne, trois météorites heurtant de plein fouet la planète rock. Dans l’ordre d’apparition : Bringing it all back home avec, sur la pochette, la femme de son manager Albert Grossman dans une robe rouge de tigresse et sur le vinyle, l’emblématique Mister Tambourine Man.

Puis explose comme un boulet à la face du peuple effaré Highway 61 revisited et sa chanson éponyme qui, à coups de sirènes stridentes, alerte le monde sur l’arrivée d’une comète dans un ciel équarri. Ici, les titres fusent : Like a rolling stone, Tombstone blues, et cette ballade où un certain Mister Jones amaigri par tant de secousses se demande encore ce qui se passe autour de lui...

Enfin, le double Blonde on Blonde - le premier dans l’histoire du rock - et ses éternels I want you, Just like a woman, Stuck inside of Mobile, les rimbaldiennes Visions of Johanna, la sucrée Absoultely sweet Marie et l’indépassable Sad-eyed lady of the lowlands...

Le douzième volume des Bootleg series - cette folle entreprise de Columbia qui, au fil des ans, ventile les pépites des archives dylaniennes - revisite ces deux années de travail acharné. On y entend les chansons dans des versions préparatoires. Guitare sèche. Voix. Orchestrations timides. On suit les tatônnements, les hésitations, les avancées lumineuses.

Un CD du coffret est entièrement consacré à la naissance de la mythique Like a rolling stone. Pas moins de quinze prises dans la nuit du 15 au 16 juin 1965. La bonne est la quatrième mais Bob Dylan ne le sait pas qui cherche encore et encore, poussé par l’exigence, jusqu’à l’épuisement.

On touche ici à la véritable essence de la création poétique et musicale. Avec un Dylan aux avant-postes, comme il le sera quelques années plus tard avec les Basement tapes puis avec la Rolling Thunder Review.

Sous le titre The cutting edge (l’avant-garde, justement), ce douzième volume des bootlegs est décliné en trois versions : un double CD à prix normal qui dit l’essentiel, un coffret de luxe (6 CD et un superbe livre abondamment illustré) plus coûteux et carrément hors de prix, une série limitée à 5 000 exemplaires en vente exclusive sur le site bobdylan.com. Les fans sont réputés pour ne pas regarder à la dépense !

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