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Violoniste jusqu’au bout des doigts...

dimanche 7 juin 2015, par Serge Bonnery

Violoniste, organisatrice de spectacles, membre de plusieurs ensembles de musique de chambre dont l’Alma Chamber Orchestra auquel elle est particulièrement attachée, associée au quatuor Spiritosi de Diego Tosi, musicien perpignanais et violon solo à l’ensemble InterContemporain, Anne Gravoin vit la musique avec une rare intensité dans des domaines aussi variés que le classique, le jazz ou encore la variété aux côtés de Laurent Voulzy, Johnny Hallyday, Michel Jonasz etc...
L’épouse du Premier ministre Manuel Valls s’est produite dernièrement au festival de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales, avec la formation de Diego Tosi. Au programme, ce soir là : l’étonnant et peu joué quintette de Robert Schumann.

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Anne Gravoin

Votre père était violoniste. La pratique de cet instrument s’est imposée à vous naturellement ? Naturellement, je ne sais pas. Les choses ne sont jamais systématiques. Mais quand vous êtes l’enfant d’un père violoniste merveilleux et d’une mère pianiste amateur, il y a des prédispositions.

Vous avez entamé très tôt une formation des plus classiques... Oui. je suis issue du conservatoire national supérieur de musique de Paris où j’ai fait des rencontres merveilleuses. Les années de formation sont importantes mais le plus intéressant, c’est la musique, ce que l’on en fait après...

Justement, vous avez rapidement ouvert votre horizon vers les variétés en jouant pour des artistes comme Laurent Voulzy, Michel Jonasz et bien d’autres... C’est encore une histoire de rencontres. Très jeune, j’ai été invitée à une séance d’enregistrement. Je ne connaissais pas cet univers musical mais j’ai tout de suite aimé l’approche et la façon de travailler qui sont différentes de ce que j’avais appris. Classique et variétés, j’ai toujours concilié les deux. Une expérience enrichit l’autre et vice-versa.

Puis comme si cela ne suffisait pas, vous avez monté votre propre entreprise de spectacles... C’était à la fin des années 80. On m’a demandé de constituer une équipe pour des spectacles de jazz et de variétés. Au collège, au lycée, j’ai toujours aimé organiser. Comme les choses se passaient bien, j’ai accepté de monter une autre équipe, puis une autre et de fil en aiguille, j’ai fini par créer ma propre société.

Une grosse machine... Cinq permanents, quatre attachés de direction, entre 400 et 700 intermittents employés chaque année selon les projets... C’est en effet une grosse PME ! Mais je suis entourée d’une équipe formidable au sein de laquelle règne un climat de grande confiance. Cela me permet de me libérer pour jouer en formation de chambre ou en soliste.

Revenons au violon : vous êtes en effet membre de plusieurs formations... J’ai créé le Travelling Quatuor avec lequel nous avons monté un spectacle sur... les Beatles !

Et vous êtes aussi violon solo de l’Alma Chamber Orchestra ! 49 musiciens très investis humainement et musicalement forment cet orchestre qui joue dans le monde entier et donne aussi des concerts pour la paix. Nous serons le 8 janvier 2016 à la Philharmonie de Paris avec la pianiste Martha Argerich. Cet orchestre est pour moi une belle expérience.

Comment avez-vous rencontré Diego Tosi ? Nous nous sommes retrouvés il y a deux ans au festival d’Albi pour jouer des quatuors de Philip Glass. J’ai été agréablement surprise quand il m’a invitée au festival de Tautavel. Ce sera une immense joie pour moi de partager ce moment avec Diego, Thimoté et tous les musiciens de l’ensemble pour jouer une œuvre extraordinaire. Schumann était à l’apogée de son art quand il a écrit son quintette pour piano et cordes.

Mais comment, avec tant d’activités et les obligations personnelles qu’on imagine être les vôtres, parvenez-vous à tout concilier ? C’est plus simple que vous l’imaginez ! Et c’est facile quand on est aidé par des gens formidables, ce qui est mon cas. Je joue du violon tous les jours. C’est un instrument qui ne supporte pas la médiocrité. Si l’on ne bouge pas les doigts, il ne se passe rien ! Et si on ne travaille pas, il est impossible de jouer en solo et de donner des concerts de qualité. Il y a 43 ans que je travaille le violon. Mes différentes activités n’y ont rien changé.

On vous sent très exigeante... Avec moi-même. Avec les autres aussi. Mais d’abord et avant tout avec moi-même !

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