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Je dessinais parfois des oiseaux

samedi 28 mars 2015, par Serge Bonnery

Il m’arrivait, parfois, mais je me souviens peu, de dessiner des oiseaux. Etait-ce une réapparition des grands oiseaux noirs qui tournoyaient autour du clocher de l’église et que je contemplais, enfant, derrière les rideaux de tulle ?

Mon premier choc poétique, je l’ai éprouvé à la lecture de L’Albatros de Baudelaire. J’avais acheté un exemplaire des Fleurs du Mal dans l’édition du Livre de Poche. Je crois déjà avoir raconté cela quelque part. Et bien avant que ce poème ne réapparût dans mes livres de classe, je m’amusai, seul, isolé du monde, à taquiner le bec du texte avec un brûle-gueule.

Je n’ai pas descendu avec Rimbaud des fleuves impassibles.

Je dessinais des oiseaux. Je leur écrivais des poèmes sans soupçonner l’existence du Poverello.

J’ai dessiné des arbres. Des oiseaux. J’ai dessiné des nuages. Mes amis les arbres, les oiseaux, les nuages, les étoiles du ciel parce qu’à un certain âge, il le faut. J’ai effacé les ombres et brûlé mes livres d’Artaud.

J’ai manqué le bateau qui descendait sur des fleurs impassibles des océans en soupirail,
des pluies de mauvaises saisons, des vêtements en lambeaux dans le drapé d’un ciel sans nom.

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L’Albatros - dessin de l’auteur

J’ai pris la poésie comme une invitation. Si près et si loin à la fois le chemin.

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