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Pourquoi la musique ?

lundi 4 août 2014, par Serge Bonnery

Patrick Gallois est un musicien à part. Flûtiste à l’Orchestre national de France où il fut dirigé par des grands maîtres - Lorin Maazel, Sergiu Celididache, Léonard Bernstein -, il a poursuivi son chemin en soliste puis comme chef d’orchestre. Tous les répertoires attisent la curiosité esthétique de Patrick Gallois : du classique au baroque en passant par le contemporain, l’homme est insatiable et cherche dans une intense activité musicale la réponse à sa question : pourquoi est-ce que je fais de la musique ?

Patrick Gallois est au Festival Pau Casals de Prades où il participe à de nombreux concerts ainsi qu’aux activités de l’académie de musique. Entretien avec un musicien sans filet !

A l’orchestre national de France, vous avez été dirigé par de très grands chefs comme Lorin Maazel qui vient de nous quitter. Quel souvenir en gardez-vous ?
Il était d’une intelligence et d’une clarté extraordinaires. Nous avons partagé de grands moments à l’orchestre. Avec Léonard Bernstein, il fait partie de mes rencontres les plus importantes. Il est de ceux qui m’ont permis de comprendre la musique, de réaliser ce que je souhaitais faire. Ce sont des gens capables de faire du rêve une réalité.

Sept ans après vos débuts, vous avez quitté l’orchestre pour entreprendre une carrière soliste. Pourquoi ce changement de cap ?
D’abord, parce que je voulais voir grandir mes enfants. J’en ai eu quatre la même année dont des triplés ! J’ai quitté Paris pour mener une vie plus tranquille. Et puis, je voulais aussi arrêter de produire pour réfléchir et me poser des questions sur la musique que je voulais jouer. Je n’ai jamais pensé faire une carrière. J’ai toujours voulu défendre un point de vue musical plutôt que me défendre moi. Me poser les bonnes questions : pourquoi on joue, qu’est-ce qu’on veut raconter au public... j’ai besoin de savoir pourquoi je fais de la musique.

Du classique au baroque en passant par le contemporain, vous êtes ouvert à tous les répertoires. Simple curiosité ?
Plaisir de la découverte ! M’intéresser à des compositeurs contemporains ou à des musiciens peu connus des siècles passés m’a aidé à poser un nouveau regard sur les grands de ce monde.

Puis vous avez pris la baguette pour diriger à votre tour un orchestre. C’était une tentation ?
Plutôt une expérience. Paradoxalement, diriger ne m’intéresse pas ou pas dans le sens où on l’entend communément. Ce qui m’intéresse, c’est de conduire une histoire, de montrer une direction. Comment on va raconter une histoire et quel style on va adopter pour le faire. Diriger l’orchestre s’inscrit pour moi dans la continuité logique de ma démarche musicale.

Vous êtes un habitué du festival de Prades. Que venez-vous chercher au pied du Canigou ?
Un endroit où respirer et retrouver les amis. Des festivals, il y en a partout et on les aborde souvent au pas de course en ne faisant que passer. A Prades, on prend le temps. On parle, on échange. C’est un équilibre dont j’ai besoin en tant que musicien.

Quel est votre désir de musicien le plus profond ?
Que chaque concert que je donne soit un moment unique pensé et voulu par moi...

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