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Mon Amérique à moi...

vendredi 30 mai 2014, par Serge Bonnery

« En dehors de don­ner à ses livres des titres à l’infinitif, l’écrivain fran­çais contem­po­rain paraît tou­ché par une obses­sion récente, celle d’écrire un roman amé­ri­cain. Western, polar, roman-​fleuve, roman de gare ou psy­cho­lo­gique, peu importe le genre du moment qu’on est trans­porté en Amérique. Une Amérique qui se résume d’ailleurs bien sou­vent à sa par­tie états-​unienne », écrit Antoine Bréa dans sa proposition de dissémination sur le thème de l’Amérique.

Je me suis immédiatement demandé quel visage revêtait réellement pour moi l’Amérique. Etaient-ce les tours jumelles de New York qui exercèrent sur moi une si grande fascination lorsque je les vis pour la première fois en rentrant dans Manhattan par la route de Newark ? Cette vision de New York m’avait inspiré un poème publié en son temps dans la revue Friches et mis en ligne ici. J’avais alors emporté dans mes valises Poeta en Nueva York de Federico Garcia Lorca que je tiens toujours pour l’un des grands recueils de poésie du XXe siècle.
Etaient-ce les grands espaces de la Vallée de la Mort ou du Grand Canyon du Colorado que je visitai lors d’un long périple en voiture de Los Angeles à San Francisco en passant par Las Vegas et Bakersfield ? Je n’oublierai jamais les pâtes au homard dégustées dans un restaurant de Fisherman Warf avec un Chardonnay de Californie payé une petite fortune, ni la root beer que je pris naïvement pour de la bière et se révéla un immonde soda à base de je ne sais plus quoi, ni des junkies que l’on enjambait dans le downtown de Los Angeles où nous avions - allez savoir pourquoi ? - loué une chambre pour une nuit, ni des superbes blacks - girls and boys - jouant au basket sur la plage de Venice ou déambulant avec d’énormes postes de radio stéréo collés contre l’oreille, ni... ni...
Ces cartes postales, je les conserve précieusement, ancrées au tréfonds. Elles composent mon imaginaire américain. Mais pas seulement...

Est-ce, mon Amérique, la voix inimitable, l’harmonica écorché et la guitare grincheuse de Bob Dylan ? Sûrement. Nous approchons. Bob Dylan : il faudra un jour que je m’attèle à raconter l’histoire qui me lie depuis l’âge de treize ou quatorze ans à ce rimbaldien électrique dont je continue inlassablement à écouter les chansons, mêlant les dernières aux plus anciennes dans des playlists sans cesse renouvelées comme on rebat les cartes d’un jeu qui n’en finit pas.
Mon Amérique est celle des poètes. Plus des poètes que des romanciers, même si Jim Harrison et William Faulkner... Pas l’Amérique du polar ou du roman noir à l’exception de James Mallaham Cain et James Ellroy.
L’Amérique des poètes, donc. Et définitivement, des poètes de la beat génération. A San Francisco, j’ai couru dès mon arrivée à la City Lights Library, la mythique librairie créée par Lawrence Ferlinghetti et sa sœur jumelle, la City Light Books, collection de livres dans laquelle furent publiées, dès les années 50, les grandes voix de la nouvelle génération. Ce jour-là, j’ai senti ma tête tourner dans tous les sens, comme si j’avais fumé un joint de marijuana, et parmi les bouquins que j’ai emportés, j’ai acheté pour 3 dollars 50 Planet News de Ginsberg, le recueil qui rassemble ses poèmes écrites entre 1961 (l’année de ma naissance) et 1967.

Son premier livre - Howl - Allen Ginsberg l’avait publié en 1956 à la City Lights dans des circonstances que raconte merveilleusement le poète Jean-Luc Despax. Le texte que vous allez découvrir, dans le cadre de notre dissémination mensuelle, est paru en première intention en mai 2006 dans le numéro 71 de la revue Aujourd’hui Poème sous le titre Toute poésie est un hurlement puis repris par Jean-Luc Despax dans son blog intitulé Les Douze de blog.

Jean-Luc Despax est né en 1968. Professeur agrégé, diplômé en littérature comparée, il enseigne les lettres modernes à Versailles. Poète, il a reçu le prix Arthur Rimbaud en 1991. Romancier, il a écrit sur le poète russe Ossip Mandelstam et sur la condition politique des enseignants. Il est également critique au journal Aujourd’hui poème et rédacteur en chef de la revue Commune.
Militant de la poésie, Jean-Luc Despax est en outre président du P.E.N. club français (Poètes, essayistes, nouvellistes) et membre, entre autres structures, de l’Académie Mallarmé. Sa fiche Wikipédia vous renseignera sur l’ensemble de ses publications.
Je le remercie très chaleureusement de m’avoir spontanément autorisé à reproduire ici son texte qui raconte la genèse de Howl d’Allen Ginsberg. En route...

Allen Ginsberg, par Jean-Luc Despax

Aux Etats-Unis, on fête cette année l’anniversaire d’une parution : le numéro 4 de la formidable collection des « poètes en poche ». Il y a cinquante ans, à San Francisco, chez City Lights Books, la célèbre maison d’édition dirigée par Lawrence Ferlinghetti, fut édité Howl, d’Allen Ginsberg. Howl et autres poèmes : petit format, nitroglycérine. En France, on dispose de la traduction de Robert Cordier et de Jean-Jacques Lebel chez Christian Bourgois éditeur. Est-ce que c’est dur pour un livre, d’avoir cinquante ans ? Apparemment pas, si l’on considère le million d’exemplaires vendu jusqu’à présent sans discontinuer. Le tirage initial était de mille exemplaires ! Ferlinghetti croyait au succès, depuis une certaine soirée d’octobre 1955 dans une galerie d’avant-garde. Vendredi 7. San Francisco. 3119 Fillmore Street. La naissance d’une légende : « 6 poètes à la Six Gallery. Kenneth Rexroth, M.C., collection remarquable d’anges réunis au même endroit. Vin, musique, danseuses, poésie sérieuse, satori libre. Petite contribution pour le vin et les cartes postales. Charmant événement. » C’est Ginsberg, se souvenant de son expérience de publicitaire à New York, qui a eu l’idée des cartons d’invitation pour piquer la curiosité. C’est la première fois que le jeune poète de 29 ans, qui n’a jamais rien publié, participe à une lecture de poésie. Ils ne sont pas plus connus à cette époque, les Michael McClure, Gary Snyder, Kenneth Rexroth, Philip Whalen, Philip Lamantia, qui l’accompagnent. Ginsberg est nerveux ce soir-là. Le bourgogne que s’est procuré son camarade Jack Kerouac n’arrange rien. Puis il se ressaisit. Il songe peut-être à tous les cris entendus lorsqu’il était à l’asile. Impliqué dans une affaire de drogue, il avait échappé à la prison en se faisant interner. Il avait rencontré Carl Solomon, dédicataire ultime de son poème. Solomon s’était rendu de lui-même à l’institut psychiatrique pour se faire lobotomiser et recevoir des électrochocs, car il se pensait fou. Il était sûr, ce poète lettré nourri de dadaïsme, de surréalisme, de la lecture de Michaux, que la Société voulait liquider l’Art. Alors ce soir, c’est l’art et l’esprit qui vont prendre une revanche contre la société corsetée. En quelques secondes, Ginsberg trouve son élan et se lance : « J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, / se traînant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre, / initiés à tête d’ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne… » Il mixe le temps, l’éternité, le présent.
Le voilà parti pour un poème fleuve, assénant sans discontinuer des coups de poing syntaxiques, des images flashes, un message personnel à l’Amérique et sur l’Amérique, une confession de poète innocent et de créateur engagé dans la révélation de l’homme à lui-même telle qu’on n’en a sans doute jamais entendu, en tout cas depuis très longtemps. Kerouac beugle : « Go ! Go ! Go ! » et il y va Ginsberg, guidé par son souffle, porté par le feu de ce qu’il doit dire. Il s’appuie sur ses « who », « who », who », qui, qui, qui : « qui disparurent à l’intérieur des volcans mexicains ne laissant derrière eux que l’ombre des blue-jeans et la lave et la cendre de poésie éparpillée dans la cheminée de Chicago, / qui réapparurent sur la Côte Ouest enquêtant sur le F.B.I en barbe et en culottes courtes avec de grands yeux de pacifistes sensuels dans leur peau sombre, distribuant des tracts incompréhensibles… » Les substantifs se heurtent, font des étincelles. Il faut de l’énergie au poème, celle du jazz comme celle de toute la poésie qui a précédé, pour éviter que cela ne tourne à la prose. Staccato et sauvagerie. Extrême sophistication et poésie-beuverie. Le poème prend de la vitesse et il paraît que les auditeurs n’en reviennent pas. Qu’ils n’en reviendront jamais. Que la littérature mondiale n’en reviendra pas non plus. Avec pour actes de baptême la folie qui sait se dire et se chanter, la colère, l’espoir, la drogue, l’homosexualité, le vécu sans refouler quoi que ce fût, l’existence sous forme bop, la strophe whitmanienne, l’amitié avec Kerouac, avec Neal Cassady, avec d’autres. Les vies des auditeurs aussi. La culture de contestation de cette ville incroyable. Voilà ce que l’on appelle une performance. Il hurle l’amour de la vraie liberté et le prix qu’il en coûte de la défendre contre l’arrogance des pouvoirs. Mugissements. Un poète se dit lui-même. Le natif de Paterson, New Jersey, qui a hanté Greenwich Village, naît à la célébrité à San Francisco. Kerouac est convaincu qu’il s’agit là de la renaissance de la poésie américaine. Que non seulement Ginsberg va devenir célèbre mais que la baie sera le nouvel épicentre de leurs revendications littéraires. Il est en larmes à la fin, Allen Ginsberg. Et la salle a chaviré, le souffle coupé, les muscles endoloris, parce que c’est de toute une génération, au-delà de la génération esthétique du Beat, dont il s’agit. Kerouac a raison. Il n’y aura plus d’académisme tranquille à compter de ce soir-là. C’est la contestation qui germera dans les facs, plus la fausse tradition qui s’encroûte. Le lendemain, Ferlinghetti fait parvenir à Ginsberg le même billet qu’Emerson à Whitman après une autre lecture restée célèbre, celle des Feuilles d’herbe : « Je salue ici l’émergence d’une grande carrière ». Mais le jeune éditeur rajoute une ligne au télégramme : « Quand aurai-je le manuscrit ? » Ce sera un livre de poche, qui paraît en août 1956, avec la préface d’un poète qui a toujours été une référence pour Ginsberg, William Carlos Williams. Le numéro 4 on l’a dit. Au prix de 75 cents. Il y croit Ferlinghetti, au succès, surtout après ce qu’il a vu. Mais une maison d’édition qui ne s’inscrit pas dans les circuits du matraquage capitaliste ne saurait tabler sur un premier tirage de plus de 1000 exemplaires. Principe de réalité et de survie oblige. L’Histoire va leur donner un coup de pouce. Le livre a été imprimé en Angleterre. Il a passé la douane sans problème aucun. Il se vend bien. Qu’on imagine alors la police de San Francisco et la douane saisir la deuxième édition, le 25 mars 1957. 520 exemplaires en tout. C’est qu’il s’agit, proclament les autorités, et notamment le chef des douanes, Chester Macphee, de protéger la jeunesse californienne de la corruption d’un livre. Mais on est en Amérique, où le puritanisme borné sait être remis en cause. Le 3 avril, l’Union des libertés civiles américaines argue qu’elle conteste la décision de la saisie. Elle juge que le livre n’est pas obscène. City Lights Books s’est organisé entretemps, faisant imprimer le recueil à l’intérieur du pays pour échapper aux douanes. Le 29 mai, celles-ci sont de plus obligées de relâcher leur étreinte : le District Attorney n’a pas voulu entamer des poursuites. Lorsqu’il part à Tanger, Ginsberg pourrait être tenté de croire que la censure a définitivement reculé. Mais voici que Ferlinghetti est arrêté pour avoir édité un livre obscène. Et le libraire Shigeyoshi Murao, pour l’avoir vendu. Le murmure de protestation des fans devient une vague. Seule peut trancher la loi cependant. C’est donc un procès qui aura lieu, après Baudelaire et Flaubert, avant Brodsky : le procès de la littérature. Un procès qui va durer tout l’été et tenir en haleine les lecteurs des journaux, de Time Magazine et de Life, les spectateurs, jeunes et nombreux, des séances au tribunal. Des poètes, des professeurs d’Université, des intellectuels et des érudits viennent défendre le livre contre le reproche d’obscénité. Ils condamnent avec tact mais fermeté la censure.
Le premier amendement de la Constitution américaine, sur la liberté d’expression, ne saurait être bafoué. Les détracteurs du poème, eux, ont sans doute tenu à rappeler que la drogue, l’homosexualité et le langage cru n’étaient pas de l’expression libre, mais une confiscation violente de la parole. Les représentants de l’État, c’est-à-dire de l’instance qui monopolise la violence, en prétendant protéger les intérêts de tous, et surtout des plus faibles, ont dû être géné sans doute, de faire de l’explication de texte : « qui hurlèrent à genoux dans le métro et furent traînés du toit en agitant parties génitales et manuscrits, / qui se laissèrent enculer par des saints motocyclistes et hurlèrent de joie, / qui sucèrent et furent sucés par ces séraphins humains, les marins, caresses d’amour atlantique et caraïbe, / qui baisèrent le matin et le soir dans les roseraies et sur le gazon des jardins publics et des cimetières répandant leur semence à qui que ce soit, jouisse qui pourra, / que secouèrent des hoquets interminables en essayant de rigoler mais qui se retrouvèrent en sanglots derrière la paroi du Bain Turc quand l’ange nu et blond vint les percer avec une épée… » Peut-être ont-ils choisi d’autres passages. Il faudrait lire les minutes du procès. Ils ont fait de leur gêne une confirmation de plus de l’atteinte aux bonnes mœurs. Mais on est aux Etats-Unis, et le juste y triomphe beaucoup plus que ce que l’on fait semblant de croire de ce côté-ci de l’Atlantique. Le dernier mot, et quel mot, revient au juge, Clayton Horn. Il reconnaît l’importance de l’œuvre. Voici la sentence : ce que le poème dit de la société américaine rachète son obscénité. Il faut que ce livre, donc, puisse rencontrer ses lecteurs. L’appel d’air dans le paysage littéraire a été tel que ce livre devient la propriété intellectuelle de toute une génération, de la côte ouest jusqu’à la côte est, en passant par le reste du pays. 100 000 exemplaires sont vendus pour la seule année 1957. Une confirmation se promène sur toutes les lèvres. C’est bien le FBI, en prétendant que la sécurité intérieure était menacée par le livre, qui menace la sécurité du pays, qui est obscène. Et la bombe. Et l’odeur de maccarthysme flottant encore dans les ondes radio. Dans les médias qui lavent la tête des gens. C’est l’exploitation de l’homme par l’homme sur les docks, dans les chantiers et les gares, dans les « banlieues invisibles ». C’est la guerre froide assumée par un gouvernement qui veut faire passer sa faim de pouvoir, sa paranoïa et son autoritarisme pour de la sagesse. Que l’on se souvienne de cet extrait de America, un des autres poèmes de Howl : « Amérique tu ne veux pas vraiment aller à la guerre. / Amérique c’est ces méchants Russes. / Ces Russes ces Russes et ces Chinois là. Et ces sales Russes. / La Russia elle veut nous bouffer vivants. La Russia elle ivre de puissance. Elle veut choper nos voitures dans nos garages. / Elle vouloir prendre Chicago. Elle avoir besoin d’un Reader’s Digest Rouge. Elle vouloir nos usines d’autos en Sibérie. Lui grosse bureaucratie gérant nos stations-service. / Ça pas bon. Ugh. Lui forcer Indiens apprendre à lire. Lui besoin grands nègres noirs. Hah. Elle nous faire bosser seize heures par jour. Au secours. / Amérique ceci est très sérieux. / Amérique c’est l’impression que j’ai en regardant dans le poste de télévision. / Amérique est-ce correct ? » Oui ceci est très sérieux. Rien de plus sérieux que la revendication qui s’arme avec l’humour dans le champ de la conscience citoyenne. Pour être citoyen, il faut se promener. Dans Howl, Ginsberg emmène son poème se balader dans la rue et dans la rue il y a Moloch. Ce n’est pas une hallucination cette fois. Dans toute l’horreur des façades bien clean, Moloch est là, et comme dans la Bible il réclame qu’en son honneur des enfants soient passés par le feu. « Moloch ! Solitude ! Saleté ! Laideur ! Poubelles et dollars impossibles à obtenir ! Enfants hurlant sous les escaliers ! Garçons sanglotant sous les drapeaux ! Vieillards pleurant dans les parcs !… » Moloch ne se met pas en bouche les mots imprononçables à l’époque : « be fucked in the ass » ni le vocabulaire fleuri et varié désignant la chose et ses extensions. Il ne parle pas, les hommes d’affaires et de pouvoir, les politiciens et les censeurs le font à sa place et toujours ils alimentent le feu. Ginsberg dit le génital car les noms des organes et les organes eux-mêmes sont aussi sacrés que le reste. Ne pas les dire ne serait pas seulement une castration symbolique, mais une castration de la réalité. Tout est sacré, parce que la vie est sacrée.
« Sacrées les bites des grands-pères du Kansas ! » Mais aussi : « Sacrée la surnaturelle intelligente extrêmement brillante bonté de l’âme ! » Un homme, Allen Ginsberg, s’est dit en entier et ce faisant il disait l’Homme, sans prendre la peine de sacraliser l’humanisme. Et l’homme à venir, qui s’aimerait nu en comprenant sa beauté solaire, comme le rappelle la fin de Tournesol Soutra : « Nous ne sommes pas notre peau de crasse, nous ne sommes pas notre locomotive effrayante et lugubre sans image, nous sommes tous au-dedans de beaux tournesols dorés, bénis de notre propre semence & des corps-accomplissements beaux nus dorés poilus qui grandissent en tournesols fous noirs et formels dans le crépuscule, épiés par nos yeux dans l’ombre de la folle locomotive berge de rivière crépuscule Frisco collines boîtes en fer-blanc vision assise du soir. » Ce n’est pas affaire de cellulite, de graisses, de pilosité ou de boutons, pas affaire de séduction, c’est plutôt l’assurance absolue que l’homme est un ange, dans la quintessence de sa pureté inattaquable, ange pas forcément laïc d’ailleurs. Une bête libertaire (c’est dire son degré de réelle culture, soit de culture de la réalité) hurle. Sorti bien malgré lui du vagin du Capital il vagit, en bébé Beat. Il crie pour ébranler les murs et fissurer la terre. En espérant que l’Amérique sera enfin découverte.
En 1988, un article du New York Times rappelait que des stations de radio avaient décidé de ne pas assurer une diffusion de Howl pour ne pas encourir les foudres de la Commission fédérale des communications, pour avoir une chance aussi de voir se renouveler leurs licences légales. Qu’en est-il presque vingt ans après, au moment de fêter ce cinquantième anniversaire éditorial ? Des « néo-cons » reaganiens aux « néo-cons » bushiens, les choses ont-elles vraiment changé ? Que nous dit Ginsberg de l’Irak ?

© Jean-Luc Despax

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