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Maria Moutot dans l’œil de Claude Simon

mardi 8 avril 2014, par Serge Bonnery

Du 9 au 20 avril, la photographe Maria Moutot présente son travail de repérages photographiques sur Le Tramway, dernier roman de Claude Simon, au Centro Espagnol de Perpignan. Présentation.

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Maria Moutot au Centro Espagnol de Perpignan - Photo Michel Clementz

Maria Moutot travaille pour le cinéma. Son métier consiste à repérer des lieux susceptibles d’accueillir des tournages de films. Maria Moutot lit énormément de scénarios. Mais pas seulement.
Elle aime la littérature et dans la littérature, les romans de Claude Simon. Et parmi les romans de Claude Simon, Le Tramway, le dernier livre du prix Nobel dont la trame se déroule dans les paysages méditerranéens des Pyrénées-Orientales, entre Perpignan et la plage de Canet-en-Roussillon.
Maria Moutot ne s’est pas contentée de lire et relire Le Tramway. Elle l’a photographié. Elle a posé son regard sur tous les lieux du roman. Et ses photographies montrent plus que des lieux. Elles montrent l’écriture de Claude Simon regardant les lieux décrits dans le livre.

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Pendant le travail d’installation de l’exposition - Photo Michel Clementz

C’est ce travail-là que Maria Moutot montre dans l’installation qu’elle présente à partir de mercredi au Centro Espagnol de Perpignan, un lieu chargé d’histoire, comme hors du temps. « Le lieu qu’il fallait », convient Maria Moutot, « un pur décor de cinéma » qui a en partie inspiré l’exposition.
« Il y aura toute une scénographie autour des tables et des chaises de la salle de bal », annonce l’artiste. « On verra des images d’archives animées du tramway », concède-t-elle encore. « On entendra la voix du dernier wattman », le conducteur semblable à celui qui occupe les toutes premières pages du roman. Très important, le son, en tant que mémoire auditive, dans cette installation pensée à partir d’une « frontière sensorielle » entre la salle de bal du Centro et le monde extérieur. Mais chut. Maria Moutot ne veut pas tout dévoiler de la présentation. Surprise...
« Il y a chez Claude Simon un surgissement ininterrompu des images dans le texte, une apparition d’images en continu qui nous ramène au cinéma. Et comme sur une pellicule de film, qui est une suite d’images fixes séparées par une bande noire, il y a dans l’espace un peu en suspension de cette si longue phrase, de la place pour sa propre expérience, sa propre mémoire et son propre temps » : c’est précisément de cette expérience-là que Maria Moutot veut parler dans son travail. « Donner à voir », dit-elle, « tout en laissant le plus d’espace possible à la projection intime de celui qui regarde ». Offrir au spectateur sa liberté. Le plus beau des cadeaux, en somme.


« Le chemin du Tramway, en repérages », du 9 au 20 avril au Centro Espagnol, 26 rue Jeanne d’Arc à Perpignan. Entrée libre tous les jours de 12 h à 19 h 30. Vernissage jeudi 10 avril à 12 h 15.

A lire aussi sur L’Epervier Incassable : un entretien avec Maria Moutot sur sa lecture de Claude Simon / Le feuilleton Claude Simon

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