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En bordure du monde (...Isabelle Pariente-Butterlin)

lundi 3 février 2014, par Serge Bonnery

Le dialogue avec Isabelle Pariente-Butterlin et ses BordsDesMondes a débuté à l’automne 2013 par un échange sur la question de l’écriture numérique, puis il s’est étendu à d’autres formes d’interrogation sur l’écriture. Ni ordonné dans le temps, ni précipité, ni prémédité non plus, ce dialogue se poursuit au fil des lectures. Fallait-il qu’il se prolongeât un jour jusque dans la tentative du poème ? Voici, après une lecture du texte d’IPB : N’importe quel sable, sous mes doigts.

Suite mouvante

pour IPB

1.
Nous sommes
ruissellement de la pensée

Face au monde
à la surface de la grande chose qui gronde
loin

2.
Nous cherchons trace de
qui nous fûmes

L’enfance des jardins
et des châteaux de sable
des noëls aux senteurs de résine de pin
de santons

loin de la grande chose qui gronde
au loin

3.
Nous avons perdu trace
et quoi que nous fassions
quelque forme que nous façonnions dans nos paumes
nous ne sommes qu’informe
qui gronde
et rien

4.
Nous avons perdu trace
de qui enfant nous tenions la main

Au jardin
plus de sillon
plus de rouille dans les entailles
plus de bleu dans la pierre

Seul
un visage
et dans ses yeux la peur
à l’horizon
de la grande chose qui gronde
et vient

5.
Si peu de nous résiste
au magma du monde
à la fonte
aux traces bues par le sable
au fleuve bouillonnant
à la grande chose qui gronde
soudain

6.
Si peu retenu de sable
entre les mains

Si peu de nous
à malaxer le temps des souvenirs éteints

Et dans l’oreille encore
le bruit sourd
entêtant
de la grande chose qui gronde et roule son écume de salves
dans nos sables mouvants

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Messages

  • Quelle étonnante et belle expérience que de trouver ce que l’on pense, exactement ce que l’on pense et voudrait dire formulé dans les mots et les rythmes de quelqu’un d’autre. C’est une expérience rare et précieuse et qui a une douceur particulière : on s’y sent délesté de cette solitude essentielle dans laquelle on écrit. Et soudain on reçoit une réponse à proprement parler fraternelle. C’est si beau. Merci Serge.

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