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Hallucination éparse du nombre (...Stéphane Mallarmé)

mardi 28 janvier 2014, par Serge Bonnery

Le nombre existât-il / Autrement qu’hallucination éparse d’agonie - Stéphane Mallarmé

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Hallucination éparse du nombre - livre d’artiste avec Sylvère aux éditions de Rivières

Pour Jean-Paul Martin

I - De même

De même le silence En (nombre) songe Se libère de l’indice Précipité autour de quelque tourbillon hurlé Sans fuir le mystère Mais renvoyé avec ironie Le vierge en jachère à ses heures

De même l’horreur Sous quelque précipité Proche du gouffre Le mystère enroulé au silence Et l’insinuation vierge de toute vraisemblance Renvoyée Malgré le tourbillon A ses heures (nombres)

De même le silence en jachère Enroulé à ses hurlements Précipite l’indice dans le gouffre Sans le fuir ni le juger Juste comme si le (nombre) songe berçait le mystère Et le vierge dans l’hilarité

De même Mais à condition que l’indice voltige Puis berce le précipité Sans le fuir Un silence ourlé Simple Le vierge proclamant le mystère (des nombres) Précipité(s) dans le tourbillon Et l’enfant

De même Le précipité proche du gouffre Et le silence hilare en fuite Avant de joncher le sol de paroles (en nombre) (inertes) Alors l’indice dissimulé par le vierge dans une hilarité feinte Et l’enfant (inerte) dans le tourbillon de même

II - Comme

Comme Le mystère sûrement Précipité dans le gouffre A force d’ironie et d’hilarité feinte Sans le fuir ni le dire Le vierge entoure l’enfant de son affection Et le berce (de nombres)

Comme Un chant proche du tourbillon A la fois silence et hilarité Sans insinuation Mais en fuite Vers le gouffre Un mystère ourlé voltige Précipité d’horreur et de rime feinte

Comme La nuit le mystère précipité Fruit de l’indice vierge Que bercent les mots (en nombre) (ourlés) Dans quelque proche silence (un silence ourlé) L’enfant nourri des hilarités feintes Et des sages évanouis

Comme Le vierge berce ses illusions Dans le gouffre La nuit sous le songe hurlé Le tourbillon de silence Ses effets secondaires sur l’hilarité de l’enfant qui tourne Précipité Sur le manège des sages

Comme Sûrement le mystère et son cortège hilare Le vierge sous le songe Fuit la tourmente Vers les gouffres se précipite Un indice ourlé de silence Dans le ventre des mères L’enfant comme

III - Qui le premier

Qui le premier Du nombre sourd Illumina la somme des contraires L’agonie commença par les outrages Et d’évidence La rareté close des énonciations hallucinatoires Alors qui

Qui le premier De la somme des agonies Répandues à profusion dans le monde Pour peu que le nié s’illumine Il chiffrera les raretés sourdes qui croupissent dans les méandres des rivières Mais alors qui

Qui le premier Et par quelle hallucination éparse La somme niée des songes et des profusions Le rire cessa face au nombre d’illuminer les ombres Et l’agonie commença avec les évidences pourpres Mais pour qui

Qui le premier Dans l’évidence feinte Et le silences Les reniements de Pierre Ses illuminations closes Ou l’existence sourde des rares En avance sur leur temps Requis au décompte pourpre des rires Avec qui

Qui le premier Niera l’agonie des contraires Et répandra les raretés sur terre En hallucinations lumineuses La sourde profusion se chiffre en existences closes Alors qui le premier au hasard donnera l’évidence Pour l’enfant le premier

IV - Le nombre

Le nombre existât-il Seul face à la profusion des agonies Pourtant la somme des contraires s’efface Niée Ombre portée Close Refermée sur une apparition éphémère Pourquoi le rare Illumina-t-il le hasard

Le nombre existât-il Apparu dans l’évidence des sommes Ou nié Sourd aux hallucinations éparses Aux agonies des contraires Aux rares reconnus Mais clos Alors pourquoi le chiffre Illumina-t-il le hasard

Le nombre existât-il Malgré lui Chiffré Avant même de commencer Il avait cessé tout commerce avec le rare Quand apparu Il fut Sous quelque profusion nié Comment dès lors le clos Illumina-t-il le hasard

Le nombre existât-il Demeure la question De la somme chiffrée des évidences closes Pour peu qu’une hallucination se retire Agonisante et Pire Le rare répandu Mais quand, bon sang, le sourd Illumina-t-il le hasard

Le nombre existât-il Nul n’est revenu de l’agonie pour le dire Ou seulement témoigner Lèvres closes Sourd à toute évidence L’apparu répandu Enfin Lui Face aux grondements des ventres Aux mères et l’enfant que le (nombre) Illumina (de même)

A tout hasard


Ce poème en forme de suite a été composé à partir de mots du poème Un coup de dé jamais n’abolira le hasard de Stéphane Mallarmé. Il est organisé en quatre laisses composées chacune de cinq strophes. Il a été illustré par l’artiste peintre Sylvère et fabriqué à dix-huit exemplaires en juin 2012 par Jean-Paul et Marie Martin aux éditions de Rivières.

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