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Claude Simon, l’avidité du regard

jeudi 7 novembre 2013, par Serge Bonnery

Du samedi 9 au dimanche 11 novembre, se tient à la Maison du Banquet de Lagrasse, le Banquet du livre d’automne consacré à l’oeuvre romanesque de Claude Simon dont on commémore cette année le centenaire de la naissance. Le thème de ces rencontres littéraires est : "Autour de Claude Simon : une communauté discrète d’auteurs et de lecteurs". Pour faire écho à cette approche et contribuer à lancer la réflexion sur ce sujet, Christine Genin a accepté de répondre à nos questions.

Ancienne élève de l’ENS de Saint-Cloud et agrégée de lettres, Christine Genin travaille aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Elle est l’auteur de "L’expérience du lecteur dans les romans de Claude Simon" (éditions Honoré Champion). Ce livre reprend l’essentiel de la thèse que Christine Genin a consacrée à l’oeuvre romanesque de Claude Simon, selon une lecture entamée dès 1983 - soit deux ans avant le prix Nobel qui lui a été décerné en 1985 - et qui ouvre, par son renouvellement même, des horizons insoupçonnés.

Il n’était pas question, dans cet entretien, de faire un tour d’horizon complet d’un livre qui, sur plus de 400 pages, scrute la matière qui compose les textes de Claude Simon entre lecture studieuse, critique, pour ainsi dire "scientifique" et lecture poignante, plus située du côté du plaisir du texte et de sa sensualité. Nous avons volontairement resserré notre propos pour nous situer au plus près de ce qui nous semblait pouvoir rendre compte d’une telle exigence de lecture tout en nous tournant vers la thématique du Banquet de Lagrasse. Si nous nous sommes montrés parfois réducteurs dans nos questions, les clés de lecture de Claude Simon contenues dans les réponses de Christine Genin compenseront largement nos manquements et nos faiblesses. Nous tenons encore à remercier Christine Genin d’avoir accepté cet entretien. Si, partant, nous incitons de nouveaux lecteurs à rejoindre la communauté déjà rassemblée autour de l’oeuvre romanesque de Claude Simon, nous n’aurons pas travaillé en vain...

Au début de votre livre, vous distinguez deux modes de lectures - la lecture studieuse et la lecture poignante - qui renvoient au studium et au punctum de Roland Barthes. Pouvez-vous caractériser l’une et l’autre de ces lectures ?
Tout d’abord merci pour cette occasion que vous me donnez de me replonger dans ce qui fait et a fait mon plaisir de lire Claude Simon.
C’est dans La Chambre claire que le grand lecteur qu’est Roland Barthes utilise cette distinction entre studium et punctum pour décrire les deux manières pour une photographie de le toucher. Transposée dans l’analyse de la lecture littéraire, cette articulation m’a semblé être une bonne manière de caractériser les deux principales sources du plaisir que je ressentais à la lecture des romans de Claude Simon. Pour la toute fraîche normalienne que j’étais alors, la lecture était certes studieuse : une étude intellectuelle, logique et apprise, une application plaisante et empressée des outils qu’on m’avait transmis ; mais elle était aussi, et ce depuis les lectures de l’enfance et d’avant les études de lettres, poignante : ponctuée d’émotions plus profondes et de blessures inattendues.
J’avais envie, en entreprenant la rédaction de la thèse qui allait devenir ce livre, d’occuper pleinement la place du lecteur, c’est-à-dire de donner toute sa place à la part affective du processus cognitif qu’est la lecture, et, sans nier l’importance des structures textuelles, qui entrent pour une bonne part dans la constitution du plaisir de la lecture studieuse, de les faire jouer avec les structures émotionnelles, constitutives du plaisir de la lecture poignante. Si la lecture studieuse peut s’en protéger grâce à la distance de l’analyse formelle, la lecture poignante est en effet tenue d’affronter la banale cruauté des lieux communs de l’expérience humaine, qui sont la matière première de toute littérature : on souffre, on meurt, le temps passe, et tout cela n’a aucun sens.
Ces deux pôles studieux et poignant de la lecture sont indissociables l’un de l’autre. Si l’un ou l’autre vient à faire défaut, le plaisir est incomplet, et la lecture glisse soit du côté du travail, soit du pathos. Claude Simon, dont l’écriture est tout sauf abstraite, pleine au contraire de matière et de sensualité, était en effet étudié dans les années 80 (c’est beaucoup moins vrai aujourd’hui) essentiellement sous l’angle d’une lecture assez abstraite attachée à scruter les signifiants et à refouler les référents. Il me semblait donc tout particulièrement important, le concernant, de remettre à sa place la lecture poignante.

D’emblée, vous revendiquez aussi un plaisir de lecture : plaisir esthétique mais aussi plaisir studieux de la lecture critique. Comment définiriez-vous le plaisir que procure la lecture de Claude Simon ? Sa nature ?
Quand je me suis lancée dans cette « tentative de restitution », pour reprendre le sous-titre du Vent, de ma lecture de Claude Simon, je me suis très vite aperçue que la lecture d’un texte littéraire était un plaisir éminemment complexe, qui n’avait pas une nature, pour reprendre votre terme, mais résultait de l’imbrication complexe d’émotions très variées, que les moments successifs de la lecture faisaient surgir tour à tour, voire simultanément.
Et si toute lecture est une expérience complexe, les mécanismes de la lecture des textes simoniens sont d’une complexité plus grande encore. La lecture des textes de Simon fait en effet appel à la créativité de son lecteur : le texte simonien est un texte qui lui-même travaille, et pour jouir pleinement de sa lecture, son lecteur ne doit pas avoir peur d’assumer la productivité textuelle en la faisant sienne pour, à son tour, engendrer des significations. Sa lecture évolue en outre avec l’accroissement de la familiarité avec l’œuvre car les échos entre les différents textes tissent un véritable hypertexte dont la réalisation relève de la lecture.

En quoi ce plaisir peut-il constituer un rempart à la prétendue illisibilité des textes de Claude Simon ?
Dans l’illisibilité apparente dont vous parlez, dans la difficulté même de la lecture simonienne, réside en partie le plaisir du lecteur. Le plaisir propre à la lecture de textes difficiles résulte tout d’abord de la possibilité offerte au lecteur de les interpréter, c’est-à-dire d’y découvrir de multiples significations. Au-delà de ce plaisir de l’interprétation, le secret et l’indicible sont sans cesse à l’œuvre dans les textes de Claude Simon, et suscitent un vertige plus profond né de la reconnaissance du secret. Si l’opacité invite au décryptage, elle est aussi nécessaire au processus et au plaisir même de la lecture. Pour que le plaisir de la lecture soit complet, tout ne doit pas être décrypté : le secret qui subsiste, la part non déchiffrée ou non déchiffrable du texte est pour le lecteur un stimulant, une source de désir et donc de plaisir.

Selon vous, ce qui est à l’œuvre dans les romans de Claude Simon, c’est « l’importance du regard, des images et de la perception visuelle ». Vous parlez d’une « avidité du regard » : comment cette avidité s’empare-t-elle du lecteur ? En quoi elle le concerne ? Chronologiquement, c’est d’abord l’écrivain/narrateur qui regarde ce qu’il va décrire, c’est d’abord lui qui questionne le visible. Comment, chez Claude Simon, le lecteur est-il convié à devenir, à son tour, celui qui regarde ? « Je veux voir », proclame Claude Simon dans La Corde Raide. Et vous prolongez : « Claude Simon est un écrivain qui décrit ». Quel rôle joue la description dans ses romans ?
Cette importance du regard et de la description n’est pas propre à Claude Simon : elle est l’un des traits distinctifs, à des degrés divers, des écrivains très différents qui se sont un temps regroupés sous l’étiquette du Nouveau roman. Mais Simon est un écrivain très visuel, et sans doute l’un de ceux chez qui le regard et la description occupent la plus large place. Si j’ai parlé de l’« avidité » de son regard, c’est après avoir été frappée notamment par les termes d’un entretien avec Hubert Juin en 1960, où Simon évoque la naissance de son style propre : « cette mutation, c’est la maladie. J’ai vécu durant cinq mois allongé. Avec pour seul théâtre une fenêtre. Quoi ? Que faire ? Voir (expérience de voyeur), regarder avidement. Et se souvenir. La vue, la lenteur et la mémoire ».
Le regard n’est en effet jamais de surface chez Simon, il est toujours associé à une tentative désespérée de creuser, de faire prendre conscience des illusions du regard, de scruter, de comprendre, avec comme leitmotiv cette question qui revient si souvent dans ses textes : « Mais comment était-ce ? Comment savoir ? ». Ses descriptions sont si travaillées qu’elles parviennent à révéler l’« aspect inconnu vaguement effrayant » que prend le visible dès lors qu’on le regarde vraiment. Cette avidité à regarder, pour répondre à votre question, ne s’empare pas du lecteur, je dirais plutôt que le lecteur retrouve dans les textes simoniens sa propre avidité à voir, c’est-à-dire à tenter de comprendre. Car la description chez Simon n’est jamais gratuite : les mots et les phrases qui la composent explosent de significations, par l’effet des correspondances et des transports métaphoriques qui y sont à l’œuvre. Dans une très belle conférence sur la description proustienne, « Le poisson cathédrale » (1980), Simon semble en parlant de celle de Proust décrire sa propre pratique : la description dit-il « va et vient, rassemble ce qui était épars, ordonne ce qui paraissait désordre, règle minutieusement les détails de cette grandiose cérémonie où entrent en scène l’univers tout entier, le passé et le présent, le loin et le près, (…) dans cette sorte de système véritablement cosmique où d’un bout à l’autre se répondent les mots, les thèmes mineurs et majeurs entrelacés au sein du grand thème qui domine toute l’œuvre ».
J’ajouterai une dernière caractéristique du regard simonien : il est travaillé de l’intérieur par les autres passions de l’écrivain, qui a d’abord voulu être peintre, a été toute sa vie photographe, s’est essayé au cinéma. Claude Simon, dont l’œil s’est aiguisé à la peinture, ne scrute pas seulement la réalité, mais aussi ces expressions subjectives de la réalité que sont les tableaux ou les œuvres des artistes qu’il apprécie. L’une des choses qui m’ont séduite à la lecture de Simon est la manière toute particulière qu’il a de regarder et de décrire les œuvres de certains peintres que j’aime aussi, de Piero della Francesca à Robert Rauschenberg, pour ne citer qu’eux. La composition de ses romans elle-même va puiser dans le modèle pictural : « J’écris mes livres comme on ferait un tableau. Tout tableau est d’abord une composition », affirme Simon. Chez Rauschenberg, par exemple, il reconnaît sa propre façon d’appréhender l’écriture comme un « bricolage » au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire comme une tentative de combiner, d’assembler les fragments disparates du réel et de ses souvenirs pour en faire une composition. La composition du roman est primordiale, comme tentative de reconstruction, par l’écriture, d’un réel voué à la fragmentation, et chacun de ses romans pourraient porter en exergue la citation de Rilke qui ouvre Histoire : « Cela nous submerge. Nous l’organisons. Cela tombe en morceaux. / Nous l’organisons de nouveau et tombons nous-mêmes en morceaux. »

Pour voir le monde, pour le scruter afin de le décrire, il faut certes ouvrir l’œil mais aussi la fenêtre derrière laquelle on se trouve. La fenêtre, remarquez-vous, est très présente dans l’œuvre de Claude Simon. Sa table de travail - ainsi qu’en témoignent ses propres dessins - est toujours disposée devant ou près d’une fenêtre. Sur une photographie de Roland Allard, on voit Claude Simon, dans sa maison de Salses, regardant vers l’extérieur derrière une fenêtre qui donne sur le jardin. Derrière cette fenêtre, on le sent à sa place. Quelle place, selon vous, est assignée à l’écrivain ? Et en quoi la place qu’il occupe est-elle déterminante pour son travail ?
La fenêtre occupe très logiquement une place importante dans cette écriture du regard : le premier article que j’ai publié s’intitulait d’ailleurs : « La fenêtre ouverte. Parcours d’un « livre d’images » : Orion aveugle de Claude Simon. » Les fenêtres sont omniprésentes dans les romans de Claude Simon, ouvertes sur le ciel, les nuages, le vol des pigeons, un arbre (ou l’acacia fétiche) et souvent voisines de la table de travail de l’écrivain. Simon les a représentées dans plusieurs dessins, par exemple ceux qui figurent au seuil d’Orion aveugle ou en couverture d’Album d’un amateur. La Corde raide, déjà, s’ouvrait et se refermait sur ce motif ; les dernières pages de L’Acacia semblent se poursuivre dans l’incipit d’Histoire pour montrer la fenêtre ouverte comme la place privilégiée de l’écrivain ; et dans les textes qui évoquent les périodes où la maladie a immobilisé l’écrivain (« Cendres », Le Jardin de plantes, Le Tramway), pouvoir continuer de regarder par la fenêtre est présenté comme vital.

La fenêtre est ouverture au monde, mais elle encadre et limite aussi le regard. En quoi ce cadrage est-il une nécessité pour l’écrivain ? Est-ce un moyen, pour lui, de faire face à « la tentation de l’infini » ?
L’ouverture de la fenêtre est comme un rite qui préside à la création grâce à l’irruption du monde visible : pour écrire, il faut se tenir immobile face à une fenêtre ouverte sur le monde. La fenêtre est la métaphore du cadrage opéré par le regard. Comme un peintre, l’écrivain éprouve la nécessité de voir le monde à travers un cadre, c’est-à-dire de délimiter le visible. La fenêtre trace le cadre à l’intérieur duquel le récit pourra se déployer, et les mots venir s’inscrire. Regarder, c’est ordonner le visible. Le foisonnement et la diversité du visible sont tels qu’il est nécessaire, pour voir, de choisir : la perception visuelle est une délimitation au sein du vaste champ du visible (la « fenêtre du visible »). La fiction peut ensuite de déployer à partir de la description, et souvent de la description d’une image inscrite dans ce cadre : les cartes postales, tableaux, photographies, écran de cinéma, etc. sont des substituts de la fenêtre.

Vous montrez dans votre livre combien image et mémoire sont intimement liées dans l’œuvre de Claude Simon. Cette mémoire, expliquez-vous, est une « mémoire qui voit ». Comment est-elle à l’œuvre dans les romans ? Quelle importance revêt la fonction mémorielle chez Claude Simon ?
Le dernier mot du dernier roman, Le Tramway, est le mot « mémoire ». Claude Simon ne se cache pas d’avoir dans tous ses romans utilisé, travaillé et re-travaillé un « matériau » en grande partie autobiographique. Mais chacun de ses romans « à base de vécu » donne à lire une cartographie différente de la même mémoire, transformée et actualisée par le travail de la langue. D’un livre à l’autre, il convoque souvenirs de famille, souvenirs personnels, souvenirs de souvenirs, souvenirs de la lecture et de l’écriture d’autres livres, pour faire et refaire l’inventaire d’un matériau résistant que ces reprises, corrections, réécritures n’épuisent jamais, tant sont grande son exigence critique et aiguë sa conscience de la transformation des souvenirs au fil du temps.
Me passionnaient par ailleurs au moment où j’ai écrit ce livre les avancées des neurosciences concernant le fonctionnement de la mémoire et il était assez fascinant de m’apercevoir à quel point l’écriture simonienne le représentait. Tout le « magma d’émotions » qu’est la mémoire, en effet, se présente en même temps à la conscience. La phrase simonienne rend sensible cet afflux : longue, sinueuse, englobante, insistante, proliférante, elle charrie une multitude de sensations et de détails ; truffée d’incises, de parenthèses, d’ajouts, de corrections, de digressions, indéfiniment reprise et recommencée, rarement balisée par les marques habituelles (liaisons absentes, ponctuation lacunaire, participe présent qui efface les repères temporels), elle est animée par le désir, qui lui confère sa force poignante et lyrique, de transcrire avec exactitude les mouvements de la conscience.
Paradoxalement, l’écriture s’assigne aussi pour mission de reconstruire, d’organiser en une structure cohérente cette réalité chaotique. Les « transports de sens » engendrés par les jeux sur les signifiants, les métaphores et les comparaisons, restituent les connexions, le « réseau de correspondances », qui constituent la structure de toute mémoire. Chaque roman fait en outre l’objet d’un montage rigoureux, d’une composition très étudiée qui tentent, tout en sachant que cet effort est vain, de conférer un sens aux innombrables « tableaux détachés » qui composent la fresque complexe et lacunaire, subjective et universelle, de la mémoire.

Au-delà des lectures poignante et studieuse, demeure « la lecture en tant qu’expérience subjective » à propos de laquelle vous faites retour à Marcel Proust pour qui « chaque lecteur est quand il lit le propre lecteur de soi-même ». Permettez-moi de conclure sur deux questions personnelles. Comment êtes-vous venue à la lecture des romans de Claude Simon ? Comment la rencontre s’est-elle produite ?
Le premier livre de Claude Simon que j’ai lu (j’avais 19 ans et il figurait à mon programme de licence à Nanterre) était Les Corps conducteurs, accompagné d’Orion aveugle, son avant-texte où les images sont présentes. M’ont bouleversée la complexité infinie des échos et correspondances textuelles, les circonvolutions de la phrase, le rapport à la peinture. J’ai ensuite très vite enchaîné la lecture des autres romans publiés à cette date, notamment Histoire, l’un de mes romans préférés, celui à partir duquel Simon se met à la fois à utiliser des matériaux ouvertement autobiographiques et à accentuer son travail de composition textuelle.
J’ai alors décidé de faire de Claude Simon l’objet d’étude de ma maîtrise (on disait comme ça à l’époque) puis de ma thèse. J’aurais bien sûr pu choisir d’autres écrivains que j’aime (Proust, Perec, Sarraute, Duras, Michaux, etc.) mais quand j’ai commencé à travailler sur Claude Simon, en 1983, il n’avait pas encore reçu le Prix Nobel, et il présentait un avantage certain par rapport à d’autres : il y avait encore très peu d’études sur son œuvre, surtout en France où il était fort peu connu. J’ai ensuite quitté l’université pour devenir bibliothécaire mais je suis depuis quelque temps revenue à Claude Simon en devenant webmestre du site de l’Association de Lecteurs de Claude Simon, dont j’aime qu’elle s’appelle ainsi plutôt que, classiquement, association des amis. J’espère que ce site contribuera lui-aussi à donner envie de lire cet immense écrivain.

Quelle trace cette lecture a laissée en vous ?
La trace des lectures précédentes de Claude Simon est importante car, comme je le disais plus haut, tous ses romans se répondent entre eux et surtout se réécrivent les uns les autres. Mais la lecture de Claude Simon n’est pas seulement une trace, elle se renouvelle sans cesse : j’ai relu récemment Histoire, pour rédiger la notice consacrée à ce roman dans le Dictionnaire Claude Simon qui paraît à l’occasion du centenaire de l’écrivain, et cette lecture était une nouvelle découverte : j’ai depuis ma première lecture d’Histoire lu ses derniers romans, eu connaissance de certains éléments biographiques que j’ignorais alors (comme les circonstances du suicide de sa première épouse, qui occupe une large place, fût-elle en creux, dans ce roman), lu d’autres écrivains, d’autres critiques … et surtout la vie m’a, moi aussi, changée : ce ne sont plus les mêmes passages qui provoquent réflexions ou émotions.

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